Le mardi 10 septembre 2019   Université Paris-Dauphine
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Think Culture 2019 : « Les mutations dans le live ne sont pas encore achevées » (M. Séguineau, Prodiss)

Paris - Publié le lundi 16 septembre 2019 à 12 h 40 - n° 160157 « Ce qui a changé assez récemment, c’est qu’il est plus difficile de faire le distinguo entre majors et indépendants tel qu’on le faisait il y a encore 10 ans. Le business d’une major est constitué d’une myriade de partenariats qui n’existaient pas il y a quelques années. À cette époque, les maisons de disques signaient principalement des contrats d’artistes, mais aujourd’hui, de petites structures indépendantes, souvent initiées par les artistes eux-mêmes, s’organisent et font appel aux majors pour la distribution. La concentration du chiffre d’affaires n’est pas forcément le reflet d’un manque de diversité », déclare Stéphane Le TavernierStéphane Le Tavernier, président de Sony Music Entertainment FranceSony Music Entertainment France, durant la table ronde « Les grands groupes dans la culture : quel équilibre de l'écosystème ? », lors de la 4e édition de Think Culture, organisée par News Tank Culture à l’université Paris-Dauphine (Paris 16e) le 10/09/2019.

« L’écosystème a changé, et les mutations dans le secteur du live ne sont pas encore tout à fait achevées. Je suis entrée au ProdissProdissSyndicat national du spectacle musical et de variété il y a 10 ans, époque à laquelle il y avait encore très peu de groupes présents au sein du spectacle vivant. Si l’on parle aujourd’hui davantage d’industrialisation dans le live que dans d’autres secteurs, c’est parce qu’elle est terminée chez les autres (le disque, l’édition…) et pas encore chez nous. (…) On résume souvent le Prodiss comme étant le syndicat des groupes. Or, c’est faux. Nous représentons ce qu’est le live en France, dans toute sa diversité. Près de 80 % des entreprises membres du Prodiss sont des PMEPMEPetites et moyennes entreprises sans lien avec d’autres entreprises de spectacles. Dans les 20 % restants, on trouve sociétés contrôlées ou filiales de groupes spécialisés dans le live, la musique ou ayant des activités diversifiées. Ces 20 % se répartissent en trois catégories : les grands groupes français, qui représentent 11 % de nos membres, les grands groupes non français, pour 4 %, et les groupes français n’ayant pas la taille d’une PMEPMEPetites et moyennes entreprises, pour 6 % », indique pour sa part Malika SéguineauMalika Séguineau, directrice générale du Prodiss.

News Tank rend compte des échanges.
© Seb Lascoux
© Seb Lascoux
Présentation
  • Les intervenants1/1

    Les intervenants

    • Laurent Didailler, directeur général de Pias France
    • Angelo Gopee, directeur général de Live Nation France
    • Malika Séguineau, directrice générale du Prodiss
    • Stéphane Le Tavernier, président de Sony Music Entertainment France
    • Olivier Villalon, directeur général du groupe Moulin Rouge
    • Modération : Bertrand Dicale, directeur général de News Tank Culture

« J’ai toujours la même passion pour la musique et les artistes, même si la dimension a changé avec Live Nation » (A. Gopee)

  • Malika Séguineau - ©  Seb Lascoux « L’écosystème a changé, et les mutations dans le secteur du live ne sont pas encore tout à fait achevées. Je suis entrée au Prodiss ProdissSyndicat national du spectacle musical et de variétéil y a 10 ans, époque à laquelle il y avait encore très peu de groupes présents au sein du spectacle vivant. Si l’on parle aujourd’hui davantage d’industrialisation dans le live que dans d’autres secteurs, c’est parce qu’elle est terminée chez les autres (le disque, l’édition…) et pas encore chez nous, où c’est un phénomène plus récent.
  • Le monde a changé, les secteurs ont changé et le phénomène de concentration touche tous les secteurs d’activité en France. On est passé, dans un temps très court, d’un modèle artisanal à un modèle très structuré, avec l’apparition de grands groupes.
  • J’aimerais partager avec vous quelques chiffres sur le poids des groupes au sein des membres du Prodiss, qu’on résume souvent comme étant le syndicat des groupes. Or, c’est faux. Nous représentons ce qu’est le live en France, dans toute sa diversité. Près de 80 % des entreprises membres du Prodiss sont des PME PMEPetites et moyennes entreprisessans lien avec d’autres entreprises de spectacles. Dans les 20 % restants, on trouve sociétés contrôlées ou filiales de groupes spécialisés dans le live, la musique ou ayant des activités diversifiées. Ces 20 % se répartissent en trois catégories : les grands groupes français, qui représentent 11 % de nos membres, les grands groupes non français, pour 4 %, et les groupes français n’ayant pas la taille d’une PME, pour 6 %. Comparativement aux autres ICCICCIndustries culturelles et créatives, la scène, le live, se caractérise par une très grande hétérogénéité des acteurs.
  • Nous ne disposons pas de la répartition par chiffre d’affaires à ce stade, mais des chiffres devraient paraître le mois prochain. »

    Malika Séguineau

  • « Je partage le constat de Malika Séguineau : ce qui a changé, c’est l’écosystème, l’environnement dans son entier. Dans cet écosystème, il y a 30 ans, les salles étaient absentes. On était dans l’artisanat, et le métier a muté vers l’industrialisation quand de grosses infrastructures se sont mises en place.
  • Dans le disque, le mouvement de concentration a eu lieu bien avant le live, mais il y a toujours eu un écosystème fait de grosses sociétés, multinationales et structures françaises, et de petits indépendants. Ce qui a changé plus récemment, c’est qu’il est plus difficile de faire le distinguo entre majors et indépendants tel qu’on le faisait il y a encore 10 ans. Le business d’une major est constitué d’une myriade de partenariats qui n’existaient pas il y a quelques années. À cette époque, les maisons de disques signaient principalement des contrats d’artistes, mais aujourd’hui, de petites structures indépendantes, souvent initiées par les artistes eux-mêmes, s’organisent et font appel aux majors pour la distribution. La concentration du chiffre d’affaires n’est pas forcément le reflet d’un manque de diversité. L’écosystème dans le disque est aujourd’hui marqué par une expansion de ces petites structures, protéiformes, et cette accélération du phénomène nous fait aller au-delà du clivage majors/indépendants d’autrefois. »

    Stéphane Le Tavernier

  • « PIAS PIASest souvent qualifié de “majorette” sur le marché. C’est une aventure qui a commencé en 1982 à Bruxelles, avec deux personnes qui importaient des disques. Aujourd’hui, nous sommes 360 dans le monde, et avons 16 filiales. Nous sommes distributeurs et producteurs, mais nous sommes aussi allés vers le live au moment où la crise du disque sévissait. Nous avons décidé de tout faire nous-mêmes sans nous adosser à une major.
  • En 30 ans, le paysage a évidemment évolué. Il y a beaucoup d’indépendants même si beaucoup ont disparu. Mais certains ont fait évoluer leur métier : BelieveBelieve, agrégateur, est devenu producteur, BMG BMGou KobaltKobalt, des éditeurs, ont créé des activités de labels… Ce qui est certain, c’est que le producteur indépendant local a été fortement impacté par la crise et les changements du marché. Notre chance est d’être international, et lorsqu’une filiale va mal, les autres peuvent venir compenser. Mais lorsqu’on seul, c’est plus difficile.
  • Notre métier de base était la distribution, mais nous avons rapidement vu que nous pouvions dépendre assez fortement d’un label, et avons donc décidé de diversifier notre activité et de l’ouvrir à la production, tout en essayant d’équilibrer notre chiffre d’affaires entre les deux activités. Et puis nous avons aussi investi dans l’édition musicale. »

    Laurent Didailler

  • « Que l’on soit dans une TPETPETrès petites entreprises, PIAS, Sony ou Live Nation, on est entrepreneur. Nous avons des salariés, des artistes et des projets à défendre. Personnellement, je ne me sens pas différent de lorsque j’ai commencé à faire des concerts il y a plusieurs années. J’ai toujours la même passion pour la musique et les artistes, même si la dimension a changé avec Live Nation.
  • Angelo Gopee - © Seb Lascoux Avant Live Nation, j’ai monté Nous Production avec Salomon Hazot, au début des années 2000. Il y avait un renouveau dans la musique, et pour accompagner le mouvement, nous avons allié nos forces et nos compétences au sein d’une nouvelle structure. Nous étions quatre au départ, et sommes devenus par la suite l’un des plus gros promoteurs français. Puis en 2009, Live Nation est venu me chercher et m’a demandé quelle était ma vision de la musique à échéance d’une petite dizaine d’années. Ce à quoi j’ai répondu que le numérique allait démocratiser l’accès aux contenus pour le grand public, et que cela aurait un impact positif sur les concerts. Surtout, je leur ai dit qu’il fallait se positionner sur de nouveaux artistes et aller vers de nouvelles tendances, ce que nous avons fait au cours des cinq premières années.
  • Depuis 10 ans, tout ce que l’on a construit s’est fait sur la base de nos objectifs et de notre travail. Le budget est réalisé grâce à de l’investissement et non pas par de l’argent qui nous arrive du groupe. Il est important, voire crucial, de développer et d’investir. On se sert de la puissance des 10 ou 15 projets qui fonctionnent bien pour accompagner ceux qui ont besoin de développement. On est adossé à un groupe, mais ce que nous avons construit en France depuis 10 ans, nous l’avons construit sur de la motivation, de l’investissement et les artistes. »

    Angelo Gopee

« Nous rachetons des entreprises du patrimoine vivant, dont les métiers disparaissent petit à petit » (O. Villalon)

  • « Ce sujet de la concentration, qui est au centre de toutes les attentions et des débats, occulte les vraies difficultés du secteur du live. La grande majorité des entreprises rencontrent des difficultés structurelles et conjoncturelles depuis un certain temps, sur lesquelles nous n’avons pas d’accompagnement. Difficultés structurelles car les marges sont devenues négatives depuis 2016, et difficultés conjoncturelles car certains textes sont venus amplifier les difficultés de ces entreprises, sur la réglementation sonore, sur les services d’ordre à indemniser… Là-dessus, on ne nous apporte aucune solution, et on se borne à pointer du doigt la responsabilité des grands groupes. »

    Malika Séguineau

  • Olivier Villalon - © Seb Lascoux « Nous sommes une petite société qui fait 65 M€ de chiffre d’affaires : cela n’a rien à voir avec celui des grands groupes. Mais parallèlement, nous avons une marque mondiale. À Taïwan, Moulin Rouge est plus connu que Louis Vuitton. Il y a donc toujours cette dichotomie entre une marque mondiale et la taille réelle de notre entreprise, qui est une TPE.
  • Nous sommes producteurs de spectacles, mais contrairement aux gros acteurs du live, nous sommes en lieu fixe, et propriétaires du théâtre depuis 2009. De plus, nous mettons sur scène 60 personnes. Nos coûts de production sont de l’ordre de 20 M€.
  • Nous sommes un groupe totalement indépendant, qui n’a pas eu à s’adosser à des groupes financiers. Il est vrai que le problème du loyer à Paris est une vraie question, qui fait que souvent, certaines entreprises doivent à s’adosser à des groupes pour pouvoir continuer à produire des spectacles de qualité.
  • Toutes les entreprises que nous avons rachetées sont des entreprises du patrimoine vivant, qui développent des métiers pour lesquels nous n’avons aucune compétence en interne. Or, tous ces métiers disparaissent petit à petit, il faut donc pouvoir les préserver. Pour vous donner une idée : il existait 100 plumassiers à Paris il y a 100 ans. Il en reste deux aujourd’hui : le nôtre et celui de Chanel. Donc racheter ces entreprises, si l’on veut rester dans les standards de qualité qui sont les nôtres, est une nécessité. Cela s’apparente même à du mécénat.
  • Ce qui nous différencie, encore une fois, d’autres propositions culturelles, c’est que nous sommes fortement positionnés sur le produit touristique. Ce qui nous oblige à avoir une démarche commerciale. Pour cela, nous sommes obligés de maitriser et contrôler notre billetterie, nos tarifs et notre distribution. »

    Olivier Villalon

  • « Ce que nous avons fait, pour préserver notre indépendance, ce n’est pas tant de reprendre des structures dans des secteurs annexes aux nôtres, mais plutôt de racheter des catalogues et créer, au sein de la structure, de la diversité. Ce qui permet à PIAS aujourd’hui de proposer des artistes qui vont de la chanson française à l’électro en passant par le classique. Cette diversité nous permet d’obtenir un rayonnement international et tout bonnement de nous maintenir : si j’étais resté un distributeur de rock indé comme au début, je ne serais pas ici en train de vous parler de PIAS.
  • Acquérir des structures veut également dire conserver le personnel et l’expertise qui vont avec. Lorsque nous avons racheté Harmonia Mundi, nous avons conservé l’activité en Arles, avec une partie des équipes qui ont l’expertise sur le catalogue. Nous sommes arrivés, nous, avec notre savoir-faire sur le marketing, la promotion et l’international. Ce n’est pas de l’intégration verticale mais plutôt horizontale. »

    Laurent Didailler

« Après le rachat d’Arachnée par Sony, j’ai reçu des coups de fil pas forcément très amicaux » (S. Le Tavernier)

  • « Sony a été la première société de musique enregistrée à racheter un producteur de spectacle, Arachnée.  Elle a été rachetée dans un contexte plutôt triste, puisque cette reprise s’est faite après le décès de son fondateur Pierre-Yves Denizot.
  • Stéphane Le Tavernier - © Seb Lascoux Nous l’avons rachetée parce que nous avions de très bonnes relations avec Pierre-Yves, et parce nous pensions qu’envisager le live était une opportunité stratégique pour Sony Music. Mais nous avons été les premiers à le faire, et avons essuyé les plâtres, en quelque sorte. Je me souviens d’avoir reçu des coups de fil pas forcément très amicaux de la part de producteurs de spectacles français, me disant que c’était une mauvaise idée et qu’ils feraient tout pour faire cesser l’histoire d’Arachnée. Pourtant, plusieurs d’entre eux ont, eux-mêmes, revendu leur société à des sociétés plus importantes, par la suite. Et à partir de là, la production de spectacles s’est organisée un peu différemment sur le marché, les producteurs cherchant des partenaires stratégiques ou financiers pour développer leur activité.
  • L’expérience Arachnée était très stimulante mais elle a été en même temps douloureuse et difficile. Il a fallu déconstruire Arachnée pour la reconstruire sous un autre mode. Cette transition a pris plusieurs années. Maintenant, le modèle d’Arachnée avec Sony est devenu une sorte de norme. En tout cas, je ne connais pas de gros producteurs indépendants qui ne soit pas adossé à une structure plus importante ou à un partenaire financier.
  • Disque et live sont deux métiers différents, mais c’est une même énergie : celle de l’entrepreneur et du producteur. Que l’on produise un enregistrement ou un spectacle, c’est un pari. Le pari d’un investissement financier mais aussi humain. D’ailleurs, quand on me faisait le reproche de produire des spectacles, en tant que producteur de musique enregistrée, je répondais à mon interlocuteur qu’il n’avait qu’à produire des disques, que cela ne me posait aucun problème.
  • La qualité du producteur c’est d’entretenir le dialogue, la compréhension et la confiance avec l’artiste. S’il en en est capable, il sait développer une carrière d’artiste, dans son entier. Ce clivage est dépassé, tout comme la notion consistant à opposer majors et indépendants, tout simplement parce que l’on parle à nos artistes de partenariats. Je le disais plus haut, les artistes s’organisent le plus souvent en petites structures, car ils ont l’impression de pouvoir tout maîtriser, et c’est en partie vrai. Ils savent produire et arrivent avec une meilleure connaissance de ce qu’il faut faire pour développer une audience. Mais comme toutes ces pratiques se sont démocratisées, il y a une compétition bien plus forte. Comment capter l’attention des gens ? C’est un vrai challenge. Un artiste qui est en maîitrise de sa création a besoin d’infiniment plus de partenaires pour l’aider à émerger, à se développer et à durer. Émerger est plus simple qu’il y a 10 ans, mais durer est un enjeu. »

    Stéphane Le Tavernier

  • « Disque et scène sont deux métiers différents, mais complémentaires. Le disque intervient en amont et la scène en aval. Le premier apporte de la visibilité au second. Mais le travail conjoint reste nécessaire, car la vision autour de l’artiste doit être la même. C’est pour cela qu’une logique verticale peut faciliter les choses, en maison de disques.
  • Ce qui est le plus difficile dans nos métiers, et Stéphane l’a rappelé, c’est la capacité d’un artiste à durer. Il y a des artistes qui émergent et montent très vite très haut, mais aussi descendent très bas assez rapidement. Le schéma d’un développement progressif sur des cycles de deux à trois ans, avec albums et tournées, qui vous emmènent des petites salles jusqu’aux Zéniths, c’est terminé.
  • En définitive, je trouve ça très réducteur de parler sans cesse de concentration et de vouloir opposer les uns aux autres. Pourquoi ? Parce qu’il y a de la place pour tout le monde, pour les centaines d’artistes qui n’attendent que de rencontrer un producteur. Et aussi parce qu’il y a la nécessité de travailler ensemble pour rayonner à l’export et améliorer la présence de nos artistes à l’étranger.
  • Quand on est ambitieux et que l’on veut la réussite des artistes, il n’y pas de métier à s’interdire. Nous, chez Live Nation, nous lançons sur le secteur des festivals culinaires, avec Lolla Chef, développé pendant Lollapalooza. Nous produisons également des conférences comme celles de Michelle Obama, qui a réuni 10 000 personnes. Nous sommes positionnés sur l’entertainment, c’est un ensemble de choses, du théâtre, de la cuisine, du jeu, et pas exclusivement de la musique. Dans le métier que l’on fait, on est là pour divertir, et si l’on trouve des projets intéressants, il faut y aller. Parce que nous sommes entrepreneurs. »

    Angelo Gopee

« La taille critique n’est pas un sujet. La preuve : PIAS a absorbé il y a 4 ans une société plus grosse qu’elle, Harmonia Mundi » (L. Didailler)

  • « La France a un problème avec les entrepreneurs, avec la réussite. S’il y a quelque chose à revoir, c’est à ce niveau-là. À titre d’exemple, la France a créé un crédit d’impôt qui a servi à embaucher du personnel et a créé de nouveaux spectacles. Mais depuis deux ans, on se bat tous les ans entre octobre et novembre pour conserver cet acquis, sachant que cet outil fiscal rapporte de l’argent à l’État ! Comment alléger les contraintes administratives auxquelles toutes nos structures sont confrontées tous les jours ? »

    Angelo Gopee

  • Laurent Didailler - © Seb Lascoux « La taille critique dans notre secteur n’est pas un sujet. La preuve, nous avons absorbé il y a quatre ans une société, Harmonia Mundi, qui était plus grosse que nous. Ils étaient 60 et nous étions une quarantaine à l’époque. »

    Laurent Didailler

  • « La taille critique est relative au périmètre d’activité qu’on s’est fixé. C’est surtout être adapté à son environnement et avoir les bonnes personnes aux bons endroits.
  • Quels sont les bénéfices de l’effet de taille ? Dans notre secteur, il y en a un. La production de musique nécessite de la mutualisation. Quand on signe 10 artistes, on sait qu’un seul parviendra à breaker. Il y a une nécessité à mutualiser, et pour faire émerger un artiste, on sait qu’il faut signer beaucoup. La taille permet donc la mutualisation et l’effet d’entraînement qui est nécessaire au développement artistique. Après, on voit aussi des initiatives telles que celle de PNL, qui sortent totalement du cadre que je viens de décrire : ils parviennent à leur fin avec leur propre structure. On en revient à ce que je disais plus haut : la taille critique est adaptée à ce que l’on veut faire. Si l’objectif est de développer beaucoup d’artistes, il faut en effet avoir une certaine taille. »

    Stéphane Le Tavernier

  • « Sur le crédit d’impôt, je rejoins le point de vue d’Angelo. L’année dernière a été particulièrement difficile, avec un crédit d’impôt duquel on a extrait l’humour et les comédies musicales, en se demandant si tout cela était bien de la culture. La notion de divertissement est centrale. Nos entreprises ont toutes besoin d’un environnement juridique et réglementaire stable, pour pouvoir construire des projets sur le long terme. Et c’est très compliqué pour les TPE en particulier. Car je rappelle que ce crédit d’impôt a été construit pour elles en premier lieu, qui sont réparties sur tout le territoire. Je rappelle que 62 % des bénéficiaires sont des structures qui font moins de 1 M€ de CACAchiffre d'affaires. C’est en effet difficile de continuer à développer des artistes avec une telle épée de Damoclès sur la tête. Mais avec l’arrivée du CNMCNMCentre national de la musique, qui gérera les crédits d’impôts, nous serons en capacité de produire des études pour pouvoir justifier et doper ce crédit d’impôt. »

    Malika Séguineau
News Tank Culture
Fiche n° 6882, créée le 03/04/18 à 03:02 - MàJ le 05/03/20 à 09:55

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• Proposant à la fois un fil d’actualités, des dossiers de fonds, des interviews et de grands entretiens, des data et un annuaire des professionnels et des organisations, News Tank Culture s’adresse aux dirigeants et acteurs de la culture. Il organise également chaquée année Think Culture, une journée d'échange et de débat autour de l’innovation dans le pilotage de la culture, avec la volonté de décloisonner les secteurs culturels.

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