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Think Culture 2017 : « Travailler ensemble » face aux nouveaux acteurs culturels (Bruno Caillet)

Paris - Actualité n°100766 - Publié le 07/09/2017 à 14:40
©  Seb Lascoux
©  Seb Lascoux

« Pourquoi mutualiser ? Tout simplement parce qu’en dix ans ont émergé de nouveaux acteurs culturels qui fonctionnent en plateforme et qui développent une logique d'économie de l’attention. Il est aujourd’hui très difficile pour un acteur du spectacle vivant de lutter contre ces formes nouvelles, (…). De grandes majors rachètent des écuries d’artistes, ont de la billetterie et souhaiteront à terme prétendre à la gestion des salles. C’est dramatique puisque la notion de pluralité de la production des œuvres a de très fortes chances de disparaître. Cette logique de plateforme et de produits immatériels est en train de porter un coup très sévère à la production du secteur du spectacle vivant, d’où la nécessité de tenter de travailler ensemble », déclare Bruno Caillet, responsable du développement pour Artishoc, lors de l’atelier « Mutualisation : vous avez dit mutualisation ? », organisé dans le cadre de la 2e édition de Think Culture Événement dédié à l’innovation dans le pilotage de la culture, organisé par News Tank Culture à l’université Paris-Dauphine le 05/09/2017.

« Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé le maintien du déficit public en dessous de 3 % du PIB Produit intérieur brut , ce qui augure des coupes drastiques pour les collectivités publiques dans les mois et les années à venir. Et, face aux baisses de subventions, il faut réinventer, innover, mutualiser », ajoute Jean-Christophe Jourdan, responsable du développement pour le secteur culturel du Crédit coopératif.

News Tank rend compte des échanges.

« Le secteur musical a eu du mal à fédérer la profession autour de projets communs » (David Godevais)

  • David Godevais - ©  Seb Lascoux
    « Dans le secteur de la musique, la notion d’intérêt général est très floue. C’est un secteur qui a eu du mal à fédérer la profession autour de projets communs.
  • Depuis que la musique est devenue une industrie, chacun a eu tendance à chercher à faire le maximum de profit pour soi-même. Ce n’est pas un secteur très favorable à la question de l’intérêt général.
  • À l’inverse les secteurs du cinéma ou du livre ont historiquement réussi à rassembler l’ensemble de la profession pour défendre l’intérêt général.
  • En 2002, le Calif a été créé pour développer des mécanismes de soutien aux disquaires indépendants.  La quasi totalité des distributeurs indépendants ont joué le jeu pour faire en sorte que le nombre de disquaires indépendants ne diminue pas. Grâce à tous ces mécanismes, nous avons réussi à redynamiser le secteur du disque.
  • À partir de 2009 nous avons réfléchi à la manière dont nous pouvions rendre notre action plus visible auprès du public. Nous avons eu l’idée de créer un événement : le “Disquaire Day”, dont la première édition s’est tenue en 2011. Pour cela, nous avons travaillé avec le réseau des disquaires et des distributeurs indépendants en France mais aussi en Allemagne ou au Royaume-Uni. Cet événement a tout de suite connu du succès et a permis de relancer le vinyle dans le monde.
  • Cela nous encourage à développer des mécanismes et initier de la mutualisation entre les acteurs de la filiale musicale. Nous travaillons actuellement à la création d’une plateforme de distribution pour que les disquaires soient livrés en 48 heures sur tout le territoire. Désormais lorsque je m’adresse aux majors pour développer des projets, elles ne me rient pas au nez. Preuve que beaucoup de chemin a été parcouru. »

    David Godevais, directeur du Calif Club action des labels indépendants français

David Godevais

Date de naissance : 09/08/1960
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Parcours

Association Disquaire Day-Record Store Day
Président
Ville de Paris
Conseiller culture auprès de la Maire
Festival Paris Music
Directeur
Disquaire Day
Fondateur
Pygmalion
Label manager

Fiche n° 17464, créée le 09/05/2016 à 19:11 - MàJ le 02/12/2020 à 17:49

« L’enjeu de la mutualisation est politique » (Bruno Caillet)

  • Bruno Caillet - ©  Seb Lascoux
    « La mutualisation est souvent entendue comme un pot commun. Je pense qu’elle est plus efficace lorsqu’elle fonctionne dans une logique de pair à pair.
  • En 2002, lors de la première crise des intermittents du spectacle, les acteurs du spectacle vivant ont commencé à réfléchir à travailler à certaines formes de mutualisation. 
  • Pourquoi mutualiser ? Tout simplement parce qu’en dix ans ont émergé de nouveaux acteurs culturels immatériels qui fonctionnent en plateforme et qui développent une logique d'économie de l’attention.
  • Il est aujourd’hui très difficile pour un acteur du spectacle vivant de lutter contre ces formes nouvelles, d'être présent et de capter de nouveaux publics. Le secteur du spectacle vivant est un secteur totalement atomisé et qui est en train de se verticaliser. De grandes majors rachètent des écuries d’artistes, ont de la billetterie et souhaiteront à terme prétendre à la gestion des salles. C’est dramatique car la notion de pluralité de la production des œuvres a de très fortes chances de disparaître. Cette logique de plateforme et de produits immatériels est en train de porter un coup très sévère à la production du secteur du spectacle vivant, d’où la nécessité de tenter de travailler ensemble. 
  • Lorsqu’on essaie de faire travailler les gens ensemble dans une logique de mutualisation, l’acceptation est généralement une acceptation d’opportunisme. En effet, les gens ne mettent pas au pot commun sans intérêt.
  • Avec Artirshoc, nous avons essayé de substituer à la notion de mutualisation celle d’intermédiation. Nous nous positionnons ainsi comme une plateforme de services où chacun avance dans sa dynamique selon ses propres problématiques et besoins. 
  • L’enjeu de la mutualisation est politique. Mais une certaine frilosité empêche aujourd’hui de donner une dimension politique à cette notion de mutualisation. »

    Bruno Caillet, responsable du développement d’Artishoc

Bruno Caillet


2016 : Auteur du livre blanc Les relations aux publics connecté(e)s

2008 : Co- rédacteur du numéro spécial de l’observatoire des politiques culturelles Culture et territoires numériques

2008 : Co-auteur de l’ouvrage L’invention des territoires directs par les gens ordinaires, Edition Think Tank Studio Genève

2005  : Réalisateur du programme www.connexe.fr (Prix Art activiste / Centre Pompidou / Flash festival 2006)

2004  : Réalisateur du programme www.rimbaud-arthur.fr (Prix Direction artistique / Centre Pompidou / Flash festival 2005)

Publications

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Parcours

Artishoc
Responsable du Développement
Hubservatoire
Consultant
Datact
Consultant
Hub Agence
Directeur de développement - Responsable des pôles cultures et territoire
Agence Watoo
Directeur

Fiche n° 22264, créée le 07/04/2017 à 14:23 - MàJ le 01/06/2017 à 15:29

« La mutualisation ne doit pas être une remise en cause des modèles économiques privatifs » (Isabelle Feldman)

  • Isabelle Feldman - ©  Seb Lascoux
    « Héritière d’une histoire riche et compagnon de vie de tous les acteurs de la création, Audiens a mis en place des modèles de mutualisation. Les dispositifs dédiés aux intermittents du spectacle vivant en sont quelques exemples.
  • C’est grâce au paritarisme et au modèle de gouvernance qui préside aux destinées d’Audiens que la défense de l’intérêt général par les syndicats d’employeurs et de salariés de toutes les professions des secteurs du monde de la culture est possible. Ce paritarisme entretient une forme d’action collective, des logiques de coopération où la solidarité renvoie à une responsabilité partagée.
  • La réussite du paritarisme et de la solidarité professionnelle est la conséquence de l’investissement des métiers du secteur culturel. Cette réussite se retrouve dans nos chiffres de 2016, avec notamment 1,7 Md€ de cotisation ou encore 39 000 entreprises cotisantes.
  • Les modèles de mutualisation résultent aussi des structures des entreprises du secteur culturel qui sont bien souvent des TPE Très petites entreprises -PME Petites et moyennes entreprises . Il a donc fallu trouver des solutions pour faire face à la précarité et pour rendre juste proportionnellement l'économie du secteur.
  • À ce titre la mutualisation est un outil. Mais elle ne doit pas être une remise en cause des modèles économiques privatifs, elle ne doit pas être l’ennemi de l’individualisation. La mutualisation est cohérente avec la privatisation et la centralisation. »

    Isabelle Feldman, directrice du pôle institutionnel et juridique d’Audiens

Isabelle Feldman


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Parcours

Audiens
Secrétaire générale en charge des affaires juridiques et relations institutionnelles
Barreau de Paris
Avocate
Club audiovisuel de Paris
Secrétaire générale adjointe (Bénévolat)
Adami
Directrice des affaires juridiques et internationales
Warner Chappell Music France
Responsable du service juridique
Barreau de Paris
Avocate
Ordre des Conseils juridiques
Conseil juridique et fiscal

Fiche n° 3058, créée le 12/03/2014 à 19:57 - MàJ le 09/10/2020 à 14:51

« Réinventer, innover, mutualiser face aux baisses de subventions » (Jean-Christophe Jourdan)

  • Jean-Christophe Jourdan - ©  Seb Lascoux
    « Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé le maintien du déficit public en dessous de 3 % du PIB, ce qui augure des coupes drastiques pour les collectivités publiques dans les mois et les années à venir. Et, face aux baisses de subventions, il faut réinventer, innover, mutualiser.
  • Il n’y a pas de méthode unique pour mettre en place un projet de mutualisation. C’est un exercice à géométrie variable.
  • La mutualisation est bien souvent un partage d’expérience, de biens. À un niveau supérieur, il s’agit d’un rapprochement entre deux ou plusieurs acteurs sur un projet commun qui peut parfois aboutir à la fusion. 
  • Les sociétés de perception de droits, les organismes de formation comme l'Afdas OPCO (Opérateur de compétences agréé par l'État) des secteurs de la culture, des industries créatives, des médias, de la communication, des télécommunications, du sport, du tourisme, des loisirs, du… ou encore les fédérations sont des formes de mutualisation à plus grande échelle.
  • Un exemple de mutualisation réussie dans le secteur culturel peut être la réflexion commune entre Les Eurockéennes, Les Vieilles Charrues et Rock en Seine autour de l’accueil des personnes en situation de handicap. 
  • Mais la mutualisation peut aussi être subie, comme c’est le cas de la fusion du Théâtre de Lenche et du Théâtre Joliette-Minoterie à Marseille à la demande des services culturels de la Ville, du département et de la Région. »

    Jean-Christophe Jourdan, responsable du développement pour le secteur culturel du Crédit coopératif

Jean-Christophe Jourdan

Date de naissance : 02/02/1979
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Parcours

La Banque Postale
Responsable de développement marché des institutionnels et des associations
Crédit Coopératif
Responsable développement du secteur culturel (national)

Fiche n° 535, créée le 29/10/2013 à 10:10 - MàJ le 28/05/2018 à 11:28

©  Seb Lascoux
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