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Think Culture 2017 : « La relation public/privé atteint un vrai niveau de maturité » (S.Tarsot-Gillery)

Paris - Actualité n°100779 - Publié le 06/09/2017 à 17:00
©  Seb Lascoux
©  Seb Lascoux

« Aujourd’hui la relation public/privé atteint un vrai niveau de maturité. Même si la France est un pays d’addicts de l’argent public et que le mécénat n’est pas dans notre tradition, nous devons quand même constater que, de fait, nous avons développé depuis des années le recours à des formes de partenariats avec le privé. (…). La BnF Bibliothèque nationale de France a des défis technologiques importants à relever. De ce point de vue, le partenariat avec des entreprises innovantes est très utile », déclare Sylviane Tarsot-Gillery, directrice générale de la BnF, lors de l’atelier « Le partenariat public/privé - mécénat, sponsoring, fondations, fonds de soutien, financement participatif : quels objectifs, quelle coopération ? », organisé dans le cadre de la 2e édition de Think Culture Événement dédié à l’innovation dans le pilotage de la culture, organisé par News Tank Culture à l’université Paris-Dauphine le 05/09/2017.

« Aujourd’hui, si le mécénat a encore de très beaux jours devant lui, il est ou sera dépassé par la question de la gestion de marque. Les produits dérivés représentent un océan de travail pour les institutions publiques. (…). Le mécénat doit permettre à terme d’accéder à l’autonomie financière et donc pouvoir se passer de ce levier de financement », ajoute Jean d’Haussonville, directeur général du Domaine national de Chambord.

News Tank rend compte des échanges.

« La Fondation Culture et Diversité est atypique par rapport au paysage des fondations d’entreprises françaises » (Saïd Berkane)

  • Saïd Berkane - ©  Seb Lascoux
    « Créée en 2006 par Fimalac Financière Marc Ladreit de Lacharrière , la Fondation Culture et Diversité a pour objectif de favoriser l’accès des jeunes issus de milieux modestes aux arts et à la culture. 
  • Dès sa création, la fondation avait pour ambition de travailler de concert avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture. 
  • Depuis 2006, la fondation a sensibilisé 30 000 jeunes sur tout le territoire national. Sur ces 30 000 jeunes, nous en accompagnons au quotidien 1 400 pour l’accès aux parcours de formation des grandes écoles de la culture. Pour ces programmes, nous travaillons avec :
    • Le ministère de l’Éducation nationale dans la mise en place d’un réseau de lycées partenaires sur l’ensemble du territoire. 
    • Le ministère de la Culture dans la mise en place d’un réseau de grandes écoles partenaires qui sont sous sa tutelle. La fondation peut ainsi, au sein de ces écoles, mettre en place des programmes d'égalité des chances, des ateliers ou des classes préparatoires. 
  • Les écoles n’ont pas les moyens humains et financiers de mettre en place ces programmes qui seraient pour elles très coûteux. C’est à ce moment que public et privé peuvent se compléter. Les financements et l’expertise de la fondation permettent de développer ces programmes de manière très efficace tout en s’appuyant sur les apports des deux ministères.
  • La particularité de la Fondation Culture et Diversité est qu’elle est une fondation de terrain qui imagine, réalise et finance des actions développées sur l’ensemble du territoire. En cela, elle est atypique par rapport au paysage des fondations d’entreprises françaises. Elle ne finance pas de programmes extérieurs. »

    Saïd Berkane, délégué général adjoint de la Fondation Culture et Diversité

Saïd Berkane


• Etudes en management des industries créatives à KEDGE Business School


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Parcours

Fondation Culture et Diversité
Délégué général adjoint
Fondation Culture et Diversité
Assistant chargé de mission
Centre Pompidou
Assistant chargé du mécénat et des partenariats

Fiche n° 3808, créée le 15/05/2014 à 12:14 - MàJ le 29/06/2021 à 19:43

« Une politique extrêmement volontariste en termes de partenariat » (Laurence Chesneau-Dupin)

  • Laurence Chesneau-Dupin - ©  Seb Lascoux
    « La mise en route du projet de Fondation pour la Culture et les Civilisations du Vin correspondait à un moment où la ville de Bordeaux connaissait un fort attrait touristique. Un grand équipement structurant manquait alors pour permettre aux touristes de rester à Bordeaux un peu plus longtemps.
  • Le risque était que cet équipement apparaisse comme un ovni dans la sphère culturelle bordelaise. L’idée était vraiment de le positionner comme un équipement culturel.
  • Les collectivités publiques locales étaient d’accord pour financer l’investissement mais avaient tout de suite émis le souhait que cet équipement ne soit pas une charge de fonctionnement pour la collectivité. Nous ne recevons donc aucune subvention publique annuelle d’exploitation.
  • Nous avons dû imaginer un modèle économique fondé majoritairement sur l’auto-financement. Pour pouvoir répondre à cet objectif d'économie du projet, il fallait que cet équipement soit suffisamment attractif.
  • Les collectivités locales ne pouvant assumer seules le coût de 81 millions d’euros de ce projet, le mécénat a été un levier important de financement avec un apport total de 20 millions d’euros. À notre connaissance, il s’agit du plus gros apport relevant du mécénat à la création d’un équipement culturel en France. Pour que ce mécénat soit bien affecté au projet, un fonds de dotation dédié a été créé. 
  • Nos ressources sont issues de la billetterie, des redevances des commerces, des privatisations d’espaces, du mécénat et des partenariats. 
  • Pour l’instant, ce modèle économique fonctionne. Dire que cela est confortable serait un peu excessif car nous devons constamment rester vigilants quant à la fréquentation du lieu et nos charges. En termes de personnel, nos équipes sont réduites au minimum et nous faisons appel à des personnes en intérim ou en CDD Contrat à durée déterminée dès que nous en avons besoin.
  • Notre budget de fonctionnement est à peu près de 10 millions d’euros. Il serait plus fort si nous n’avions pas une politique extrêmement volontariste en termes de partenariat. Nous avons par exemple 40 partenariats avec des régions viticoles dans le monde qui nous fournissent le vin pour les ateliers ou dégustations, un partenariat de trois ans avec la marque Gant qui habille le personnel et un partenariat avec Air France pour les déplacements. Ces partenariats représentent des charges en moins pour l'équipement. »

    Laurence Chesneau-Dupin, directrice de la Culture pour la Fondation pour la Culture et les Civilisations du Vin

Laurence Chesneau-Dupin

Date de naissance : 13/03/2016

• Conservatrice en chef du patrimoine

• Consultante Culture et Patrimoine - Conseil et accompagnement de projets


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Parcours

LCD Conseil
Directrice
Association de préfiguration de la Cité du vin à Bordeaux
Directrice des programmes et de la culture
Ville de Cognac
Directrice du développement culturel
Musées de la Ville de Cognac
Directrice
Musée du château de Flers
Directrice

Établissement & diplôme

Université Bordeaux Montaigne (Bordeaux 3)
DEA Histoire de l’Art et Archéologie

Fiche n° 17139, créée le 19/04/2016 à 09:51 - MàJ le 04/10/2019 à 10:33

«  Les produits dérivés représentent un océan de travail pour les institutions publiques » (Jean d’Haussonville) 

  • Jean d’Haussonville - ©  Seb Lascoux
    « J’aime dire que je n’aime pas le mécénat. J’en fais pourtant.
  • Il est toujours important de se dire que le mécénat ne va pas de soi. Il y a une petite part d’immoralité à vivre de la générosité des autres. Il est préférable de s’assumer financièrement en tant qu’institution. Ce discours est souvent très apprécié des donateurs et mécènes car il est un gage de la bonne utilisation de l’argent qui nous est donné.
  • Aujourd’hui, si le mécénat a encore de très beaux jours devant lui, il est ou sera dépassé par la question de la gestion de marque. Les produits dérivés représentent un océan de travail pour les institutions publiques.
  • Pour nous le mécénat répond à quatre principes stratégiques :
    • Accéder à terme à l’autonomie financière et donc pouvoir se passer du mécénat. Nous sommes aujourd’hui à 90 % de ressources propres contre 66 % en 2005 lors de la création de l'EPIC Établissement public industriel et commercial .
    • Être cautionné par de grands prescripteurs nationaux ou internationaux. Cela montre que l’on fait de belles choses pour l’intérêt commun.
    • Réduire les coûts de fonctionnement. 
    • Permettre au bénéficiaire du mécénat de devenir lui-même mécène. Nous commençons par exemple à développer des projets qui sont utiles socialement à l'échelle de notre territoire rural.
  • Notre objectif est d’avoir 5 % (1 million d’euros par an en moyenne) de notre budget en mécénat tant que nous n’aurons pas atteint les 100 % d’auto-financement.
  • En 2010, le mécénat constituait 50 000 euros de notre budget. Nous avons beaucoup développé ce levier de financement mais cela ne veut pas dire qu’il restera à ce même niveau. »

    Jean d’Haussonville, directeur général du Domaine national de Chambord

Jean d’Haussonville

Date de naissance : 21/01/1968

• 1993-1995 : Élève à l’ENA (École nationale d’administration)

• Né le 21/01/1968 à Paris


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Parcours

Domaine national de Rambouillet
Commissaire à l’aménagement
Domaine national de Chambord
Directeur général
Institut français d’Allemagne
Directeur
Ambassade de France en Allemagne
Conseiller culturel
Secrétariat général des affaires européennes
Chef du secteur de l'élargissement de l’Union européenne
Représentation permanente de la France auprès l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles (Belgique)
Négociateur
Ministère des Affaires étrangères (MAE)
Chargé des essais nucléaires à la direction des affaires stratégiques

Fiche n° 3206, créée le 27/03/2014 à 11:32 - MàJ le 31/10/2019 à 16:43

« De fait, nous avons développé depuis des années le recours à des formes de partenariats avec le privé » (Sylviane Tarsot-Gillery)

  • Sylviane Tarsot-Gillery - ©  Seb Lascoux
    « 90 % des recettes de la BnF proviennent de l'État et 10 % sont des ressources propres dont une part provient du secteur privé.
  • Aujourd’hui la relation public/privé a atteint un vrai niveau de maturité en France.
  • Même si la France est un pays d’addicts de l’argent public et que le mécénat n’est pas dans notre tradition, nous devons quand même constater que, de fait, nous avons développé depuis des années le recours à des formes de partenariats avec le privé.
  • La BnF fait appel au mécénat auprès de particuliers et d’entreprises pour l’organisation d’expositions, des acquisitions ou la restauration patrimoniale. Il constitue 2 à 4 millions d’euros par an.
  • Mais ce qui nous intéresse à travers le partenariat public/privé c’est de rechercher autre chose qu’uniquement des fonds.
  • La filiale “BnF Partenariats” a été créée pour permettre à la BnF de valoriser ses collections autrement que par les moyens dont elle dispose, grâce aux produits développés par des entreprises partenaires. La BnF a des défis technologiques importants à relever. De ce point de vue, le partenariat avec des entreprises innovantes est très utile. »

    Sylviane Tarsot-Gillery, directrice générale de la BnF

Sylviane Tarsot-Gillery


• Haut fonctionnaire


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Parcours

Ministère de la Culture
Inspectrice générale de la création artistique
Ministère de la Culture
Directrice générale de la création artistique
Institut français
Directrice générale déléguée
Ministère de la Culture
Directrice adjointe de l’administration générale
DRAC Normandie
Directrice
Ministère de la Culture
Déléguée adjointe aux arts plastiques
DRAC Île-de-France (DRAC IDF)
Directrice adjointe

Fiche n° 286, créée le 22/10/2013 à 22:42 - MàJ le 06/04/2021 à 09:33

©  Seb Lascoux
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