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Think Culture 2017 : « Une forme de marché de l’expertise culturelle se développe » (Anne Tallineau)

Paris - Actualité n°100763 - Publié le 07/09/2017 à 12:00
©  Seb Lascoux
L’export : quelles stratégies gagnantes ? - ©  Seb Lascoux

« Une forme de marché de l’expertise culturelle se développe. Ce marché concerne aussi bien la formation de professionnels que l’ingénierie culturelle ou la demande de contenus. (…) L’expertise française, étant donné la richesse de l’offre culturelle de notre pays, est reconnue. Nous bénéficions d’une très bonne image mais ne sommes pas suffisamment organisés pour répondre à cette demande. Cela fait partie de nos chantiers : comment organiser la valorisation de l’expertise française dans le monde ? Sachant que nous avons des concurrents assez sérieux, en Italie par exemple. Il y a une prise de conscience des ministères sur le sujet. Cela nous intéresse particulièrement parce que derrière cette expertise, il y a la possibilité de nouer des liens privilégiés avec des institutions étrangères et de valoriser ensuite les contenus français », déclare Anne Tallineau Secrétaire générale @ Office franco-allemand pour la jeunesse
, directrice générale déléguée de l’Institut Français • Opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Culture pour l’action culturelle extérieure de la France. • Il agit avec l’ensemble du réseau des… , lors de l’atelier « L’export : quelles stratégies gagnantes ? », organisé dans le cadre de la 2e édition de Think Culture Événement dédié à l’innovation dans le pilotage de la culture, organisé par News Tank Culture à l’université Paris-Dauphine le 05/09/2017.

« En France, nous n’avons pas l’agilité nécessaire pour suivre une demande qui va beaucoup bouger. Et puis il faut bien comprendre une demande, bien la cerner, alors qu’elle n’est pas toujours bien formulée. Autre travers de notre pays : sa capacité à n’intervenir que sur des genres et questions très sophistiqués, pointus. On pense que notre expertise ne doit concerner que des aspects de très haut niveau, alors que la demande relève majoritairement de questions relatives à la politique des publics, aux relations entre tourisme et culture… (…) Et puis, autre problème majeur, il est impossible chez nous de faire des formations dans une autre langue que le français. C’est un tabou qui n’est pas facile à lever », poursuit Jean-François Chougnet Président @ Association Silhouette (Mucem)
, président du Mucem Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée .

News Tank rend compte des échanges.

« La mise en réseau de professionnels est l’un de nos outils les plus efficaces » (Anne Tallineau)

Territoires prioritaires et programmation des saisons de l’Institut Français

  • Anne Tallineau - ©  Seb Lascoux
    « Qui dit géographisation et cibles prioritaires à l’international implique de renoncer à ce que sont depuis longtemps les valeurs de la culture française, qui se veut universelle, et renoncer à un réseau diplomatique également universel.
  • Nous ne renonçons pas à cette universalité, mais nous nous adaptons à un monde qui change et devons optimiser la gestion de nos moyens. Cette question de priorités géographiques s’est posée avec de plus en plus d’insistance au fur et à mesure des années.
  • Quand je suis arrivée à l’Institut français, il existait une liste de 78 pays prioritaires. Autant dire une bonne moitié des pays de la planète. Nous avons mené un travail conjoint avec les ministères de la Culture et des Affaires étrangères pour nous fixer une feuille de route qui nous a permis de travailler sur trois strates de zones géographiques :
    • Des pays prioritaires, qui sont pour nous prescripteurs en matière culturelle ou à enjeux diplomatiques, culturels ou économiques,
    • des zones d’interventions régionales où nous essayons de mutualiser nos moyens,
    • le reste du monde, avec lequel nous travaillons en proposant nos outils.
  • Le lien avec les grandes institutions culturelles se crée par deux biais :
    • des réunions régulières au ministère de la Culture, où toutes les institutions publiques viennent présenter leur stratégie internationale,
    • des programmes que nous lançons via les saisons.
  • Ces saisons culturelles portées par l’IF Institut français ont été créées en 1985. Il y en a eu 60 depuis leur création. Nous sommes cette année sur une saison croisée avec la Colombie.
  • Ces saisons sont décidées par accord intergouvernemental. Celles qui fonctionnent le mieux sont les saisons des pays sur lesquels nous nous sommes posé la question, très en amont, de l’intérêt de renforcer nos liens. Aujourd’hui, de nombreux États demandent à la France d’organiser une saison culturelle avec eux. Et puis il y a une vraie appétence des pays pour la présentation d’une saison en France, comme cela va être le cas bientôt avec le Japon.
  • Les saisons des trois prochaines années sont fixées (2018 avec Israël, 2019 avec la Roumanie et 2020 avec le Qatar), mais il serait temps de fixer le calendrier des suivantes. Pour cela, il faut être capable d’anticiper sur la nomination des commissaires. Ils sont rarement nommés au-delà de deux ans à l’avance, et ce n’est pas suffisant. Idéalement, il faudrait qu’ils puissent être nommés trois ans à l’avance. »

Les « focus de l’IF » et l’importance du réseau international

  • « La grande force de l’IF, c’est sa relation privilégiée avec le réseau culturel à l’international. Il existe un double réseau : d’une part les services culturels (conseillers ou attachés culturels), d’autre part les Instituts Français ou les Alliances Françaises. C’est ce qui nous permet de pouvoir agir à l’international.
  • Nos “focus” consistent en l’invitation de professionnels en France, pour de la mise en relation et de la mise en réseau avec des professionnels français. Le “focus” est toujours relié à un temps fort du secteur qui est ciblé. Cette année, nous aurons des professionnels invités dans le cadre de la FIAC Foire internationale d’art contemporain , pour les arts plastiques. Nous en avons organisé un à Marseille sur le cirque, et en aurons bientôt un sur la musique savante au moment du festival d’Ambronnay.
  • Sur une année, nous invitons, toutes disciplines confondues, environ 400 professionnels. Et cela fonctionne plutôt bien. Dans le domaine des arts plastiques, nous nous sommes rendus compte par exemple que la moitié des professionnels conviés invitaient ou programmaient par la suite des artistes français. Cette mise en réseau de professionnels est l’un des outils les plus efficaces dont nous disposons. »

Mise en valeur et renforcement de l’expertise française à l’international

  • « À l’IF, nous avons contribué à faire en sorte que les Nuits blanches se développent à l’étranger. C’est intéressant dans la mesure où ces pays y programment des artistes français, ce qui n’est pas le cas de toutes les manifestations qui s’exportent. Dans le cadre des saisons, nous avons eu une Fête des Lumières à Bogotá. Nous aurons par ailleurs une Folle journée de Nantes déclinée en Israël.
  • Mais il y a une demande qui se répand et donc de nombreux instituts culturels qui se sont créés pour y répondre. En Chine, on compte 6 000 musées et 4 000 salles de spectacles, dont 2 000 théâtres. Une sorte de marché de l’expertise culturelle se développe. Il concerne aussi bien la formation de professionnels que l’ingénierie culturelle ou la demande de contenus. Cette demande passe aussi, de manière purement commerciale, par de l’aide au développement. Des bailleurs internationaux publient des offres sur des marchés importants, sur lesquels l’expertise française aurait toute sa place.
  • L’expertise française, étant donné la richesse de l’offre culturelle de notre pays, est reconnue. Nous bénéficions d’une très bonne image mais ne sommes pas suffisamment organisés pour répondre à cette demande. Cela fait partie de nos chantiers : comment organiser la valorisation de l’expertise française dans le monde. Sachant que nous avons des concurrents assez sérieux, en Italie par exemple. Il y a une prise de conscience des ministères sur le sujet. Cela nous intéresse particulièrement parce que derrière cette expertise, il y a la possibilité de nouer des liens privilégiés avec des institutions étrangères et de valoriser ensuite les contenus français. »

    Anne Tallineau, directrice générale déléguée de l’Institut Français

Anne Tallineau

Date de naissance : 22/06/1964
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Parcours

Office franco-allemand pour la jeunesse
Secrétaire générale
Institut français
Présidente par intérim du conseil d’administration
Institut français
Présidente du conseil d’administration par intérim
Institut français
Directrice générale déléguée
Ministère des Affaires étrangères et du Développement international
Conseillère du ministre des Affaires étrangères et du Développement international pour la diplomatie culturelle et d’influence
Ville de Paris
Conseillère en charge du spectacle vivant, du cinéma et de la lecture
Ambassade de France à Berlin
Attachée audiovisuelle

Fiche n° 3772, créée le 13/05/2014 à 18:48 - MàJ le 08/10/2020 à 15:11

« Bâtir des relations internationales “à la carte“ » (Jean-François Chougnet)

Quelle politique internationale pour le MuCEM ?

  • Jean-François Chougnet - ©  Seb Lascoux
    « Le concept du MuCEM consiste en une intégration des collections du Musée des arts et traditions populaires et en une réorientation du musée sur une logique euro-méditerranéenne. Imaginer un tel musée sans concevoir ni exportation ni politique internationale serait une totale absurdité. Sachant que cet aspect revêt une dimension totalement différente de celle que peuvent avoir les grands musées parisiens.
  • Ces grands musées parisiens ont, historiquement, toujours eu une politique internationale, souvent autonome d’ailleurs du ministère des Affaires étrangères. Et ces politiques fonctionnent souvent par similarité avec d’autres établissements, de manière bilatérale : le Tate Modern de Londres avec le Centre Pompidou, la National Gallery de Washington avec le Grand Palais…
  • Ces relations bilatérales permettent à Paris d’avoir la très grande qualité de programmation qui est la sienne. Il s’agit souvent de coproductions, qui s’expliquent par des raisons financières mais aussi par des questions de disponibilité des œuvres. Car, en matière de patrimoine, la grande tension aujourd’hui, c’est le nombre de plus en élevé de grandes expositions.
  • La politique du MuCEM ne peut évidemment être similaire à celles des grandes institutions parisiennes. Nous disposons de collections d’ethnographie, et sommes sur un champ où les pays concernés sont en train de développer leur politique muséale. Je pense notamment au Maroc ou d’autres pays du bassin méditerranéen. Un pays comme l’Italie est dans une réforme quasi séculaire de ses institutions muséales. On ne peut pas singer le modèle, en plus petit, des grands musées parisiens. Et l’on ne va pas non plus singer le modèle de la succursale à l’étranger, dont on reviendra peut-être un jour ou l’autre.
  • Nous avons essayé de bâtir des coproductions à partir de projets et concepts que nous avons initiés au MuCEM. Nous déclinons ces concepts dans des musées à l’étranger. L’idée est de faire autre chose que de ”l’import/export” d’œuvres.
  • Par ailleurs, nous sommes en train de recomposer notre collection permanente, notamment à partir de dépôts qui ont été consentis par des institutions muséales étrangères : le musée des Beaux-Arts de Séville, la Fondation Gulbenkian… Aucun de ces musées n’a réellement le même axe, et aucun n’a la Méditerranée comme thème, mais tous ont à dire sur le sujet.
  • Nous essayons donc de bâtir des relations internationales “à la carte“. C’est moins spectaculaire mais cela peut produire des choses intéressantes, car cela peut s’accompagner d’un volet plus souterrain : la formation, l’échange de professionnels… »

Mise en valeur et renforcement de l’expertise française à l’international

  • « En France, nous n’avons pas l’agilité nécessaire pour suivre une demande qui va beaucoup bouger. Et puis il faut bien comprendre une demande, bien la cerner, alors qu’elle n’est pas toujours bien formulée.
  • Autre travers de notre pays : sa capacité à n’intervenir que sur des genres et questions très sophistiqués, pointus. On pense que notre expertise ne doit concerner que des aspects de très haut niveau, alors que la demande relève majoritairement de questions relatives à la politique des publics, aux relations entre tourisme et culture…
  • On est souvent en décalage par rapport à la demande. Et puis, autre problème majeur, il est impossible chez nous de faire des formations dans une autre langue que le français. C’est un tabou qui n’est pas facile à lever. »

    Jean-François Chougnet, président du MuCEM

Jean-François Chougnet


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Parcours

Musée Berardo (Lisbonne)
Directeur artistique
Année du Brésil en France
Commissaire général
Région Île-de-France (Conseil régional d'Île-de-France)
Directeur de l’habitat, de la culture et de la solidarité
Réunion des Musées Nationaux
Directeur des services techniques et commerciaux
Cabinet de Jack Lang
Conseiller budgétaire
Centre Pompidou
Administrateur

Fiche n° 46, créée le 30/09/2013 à 14:46 - MàJ le 14/11/2019 à 08:57

« L’export n’est plus une variable d’ajustement, mais une réalité » (Marc Thonon)

  • Marc Thonon - ©  Seb Lascoux
    « Statutairement, l’objet premier du Bureau Export est d’aider les artistes à s’exporter, quelle que soit leur esthétique musicale. Le monde de la musique a vécu un bouleversement total depuis 2000. Le marché avait pratiquement disparu, perdant 60 % de sa valeur. Cela a eu un impact considérable sur les possibilités offertes à l’export.
  • Auparavant, le Bureau Export couvrait une quinzaine de territoires. Aujourd’hui, nous sommes présents dans quatre pays, qui sont quatre territoires de marché conséquents : l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les États-Unis et le Brésil.
  • Aujourd’hui, notre vision est de considérer la planète en quatre grandes zones géographiques, qui pourraient s’apparenter à des continents. Nous demandons au bureau allemand d’étendre ses compétences sur les pays de l’Est, à Londres de faire de même sur les pays scandinaves. Le bureau de New York a vocation à étendre son champ d’action du Mexique au Canada et le bureau de São Paulo couvrira à l’avenir l’ensemble de l’Amérique Latine.
  • Ce qui a considérablement évolué pour la musique ces dernier temps, c’est le numérique. La musique a été impactée négativement par l’arrivée d’Internet, mais elle est la première industrie culturelle à être parvenue à apprivoiser les nouveaux modèles.
  • Le streaming pousse le marché vers la croissance. Une récente étude indique qu’à horizon 2030, le streaming représentera 28 Md$ (23,5 Md€) de revenus dans le monde. Pour mémoire, le maximum atteint par l’industrie de la musique au début des années 2000 tournait aux alentours de 20 Md$ (17,8 Md€).
  • À côté du relai de croissance qu’il représente, le streaming ouvre des fenêtres d’exposition aux artistes. À partir du moment où un titre est disponible sur les plateformes, il l’est partout et en même temps. Ces services permettent notamment de géolocaliser l’impact des titres selon les territoires. Cela créé parfois des surprises, des artistes constatant avoir un écho dans des pays dans lesquels ils ne soupçonnaient pas pouvoir rencontrer le succès.
  • Cela offre une gamme nouvelle de possibilités pour travailler sa stratégie à l’international. Dans la musique, l’export n’est plus une variable d’ajustement, mais une réalité. D’autant que le modèle de la production musicale a considérablement changé : les artistes prennent leur destin en main, produisent eux-mêmes leur contenus, en utilisant ensuite les services des majors. »

    Marc Thonon, directeur général du Bureau Export

Marc Thonon

Date de naissance : 15/09/1959
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Parcours

Centre national de la musique (CNM) (CNM)
Directeur du soutien aux artistes, aux entreprises et aux projets
Bureau Export
Directeur général
Ministère de la Culture
Mission sur le financement de la diversité musicale à l’ère numérique
Atmo Songs
Fondateur et Gérant
Trema
Consultant / Directeur Artistique
Atmosphériques
Fondateur et directeur
Barclay
Directeur artistique
Editions Virgin Musique
Directeur artistique
Virgin Belgique
Attaché de presse

Fiche n° 5666, créée le 02/09/2014 à 10:05 - MàJ le 30/12/2020 à 11:09

Bernard Faivre d’Arcier

Date de naissance : 12/07/1944
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Parcours

Ministère de la Culture
En charge de la mission de lancement des Capitales françaises de la Culture
Carolyn Carlson Company
Président du Conseil d’administration
Domaine de Chaumont-sur-Loire
Président du Conseil d’Administration
Cité Musicale-Metz (Metz en Scènes)
Vice-président du conseil d’administration
Biennale de Lyon
Président du conseil d’administration
Candidature de Nice au titre de Capitale européenne de la Culture
Conduit la mission de candidature
BFA-Conseil
Consultant culturel
Saison Hongroise en France
Commissaire général
Ministère de la Culture
Directeur du Théâtre et des Spectacles
Assemblée nationale
conseiller au Cabinet du Président de l’Assemblée Nationale
La Sept
Président
Cabinet du Premier Ministre (Laurent Fabius)
Conseiller culturel

Fiche n° 73, créée le 01/10/2013 à 10:40 - MàJ le 24/04/2020 à 10:41

News Tank (NTN) (NTN)

Fondée en 2012 par Marc Guiraud et Frédéric Commandeur, News Tank Network est une société indépendante, dont l’objectif est de produire des informations utiles en temps utile, économiques et politiques, destinées aux dirigeants des organisations publiques ou privées.

News Tank Network apporte de la clarté et de la confiance avec une information neutre et factuelle.

Reposant sur le postulat de la qualité des contenus (valeur ajoutée, utilité, exclusivité) associée à une technologie propre intégrant production, diffusion et commercialisation des contenus, News Tank Network développe des filiales spécialisées par secteur.


Catégorie : Ecole autre
Entité(s) affiliée(s) : News Tank Culture (NTC)


Adresse du siège

48, rue de la Bienfaisance
75008 Paris France


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Fiche n° 1, créée le 10/09/2013 à 19:03 - MàJ le 20/11/2020 à 15:36

©  Seb Lascoux
L’export : quelles stratégies gagnantes ? - ©  Seb Lascoux