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Think Culture : « La refondation n’est pas devant nous, elle est à l'œuvre » (Patrick Bloche)

Paris - Actualité n°75665 - Publié le 07/09/2016 à 11:20
©  Seb Lascoux
©  Seb Lascoux

« Il ne faut pas attendre une élection présidentielle pour refonder notre politique culturelle. Notre actualité va continuer à vivre au-delà de cette échéance électorale. La refondation n’est pas devant nous, elle est actuellement à l’œuvre », déclare Patrick Bloche Membre du Conseil de Paris @ Ville de Paris • Adjoint à l'Éducation, à la petite enfance et aux familles @ Ville de Paris • Administrateur @ Établissement public Paris Musées • Président @ Pavillon… , à l’occasion du débat « Refondation de la politique culturelle nationale : quels changements en 2017 ? », organisé par News Tank Culture dans le cadre de Think Culture à l’Université Paris-Dauphine le 06/09/2016.

« Il y a du bien à dire des politiques culturelles menées par chaque bord. J’ai un regret cependant concernant la réforme des rythmes scolaires. Cela passe par la formation beaucoup plus importante des enseignants : les Français n’ont pas d’oreilles, comme si nous n’avions pas de cultures polyphoniques. Il faut réfléchir à intégrer l’éducation de la culture à l’école, regrouper les temps d’activités artistiques à l’école, rebâtir des équipements culturels… L’enjeu est la culture à l’école et la culture pour tous », ajoute Florence Portelli Maire @ Mairie de Taverny • Présidente @ Orchestre national d'Île-de-France (Ondif) • Vice-présidente chargée de la culture, du patrimoine et de la création @ Région Île-de-France (Conseil régional… .

« Il faut repenser l’organisation générale de la politique culturelle en France, du point de vue de l’articulation des relations entre État et collectivités territoriales. Notre politique culturelle s’appuie sur une présence publique forte, mais nous devons repenser notre modèle », indique pour sa part Jean-Noël Tronc Fédérateur des industries culturelles et créatives @ Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE)
.

Cette rencontre, modérée par Jacques Renard Président @ Le Phare - CCN du Havre Normandie (CCN Le Havre) • Directeur délégué Think Culture @ News Tank Culture (NTC) • Conseiller du directeur de la culture @ Paris 2024 - Comité d’organisation… , réunissait Hortense Archambault Directrice @ MC93 - Scène nationale de Seine-Saint-Denis à Bobigny • Présidente @ Association des Scènes Nationales (ASN)
• 1994 : maîtrise d’histoire à La Sorbonne et DESS de gestion des…
, Patrick Bloche, Stéphane Fiévet, Michel Lefeivre Directeur Général @ Centre des Bords de Marne (Val-de-Marne) • Président @ La Briqueterie CDCN du Val-de-Marne
, Florence Portelli et Jean-Noël Tronc.

« Artistes, enseignants et animateurs sociaux sont nécessaires pour un projet d’action culturelle à longue durée » (Hortense Archambault)

  • Hortense Archambault - ©  Seb Lascoux
    « Même si on a le sentiment que les élites économiques se désintéressent de ces questions, quand on se demande quel projet de société il faut redéfinir, l’art et la culture sont un axe central. On a cette intuition de la nécessité des gens à être plus ouverts, plus cultivés. L’art et la culture sont des moyens pour ouvrir des espaces. Mais on ne sait pas trop bien comment faire et comment les choses pourraient s’articuler.
  • La politique publique aide la création. La France a su rester un endroit ouvert, internationalement incontournable pour des artistes du monde entier. Les financements publics dédiés à la culture sont plus importants en France que dans les autres pays d’Europe, mais paradoxalement les institutions culturelles nécessitent encore une augmentation de ces moyens.
  • La politique culturelle permet de faire du lien, de retisser, réparer, mais elle le fait aujourd’hui de manière partielle et temporaire. Il faut retrouver un lien qui, au-delà de la politique culturelle, marque plus durablement un territoire, une nation, un projet.
  • Un lien entre la culture, l’éducation et l’animation. Les trois paramètres du problème, l’un n’est pas suffisant sans les autres. Artistes, enseignants et animateurs sont nécessaires pour un projet d’action culturelle de longue durée.
  • Je voudrais créer un ministère de la Culture et des Arts, de l’Éducation et de la Jeunesse, englober la culture dans un ensemble plus vaste, penser cela comme un grand investissement sur l’avenir. Cela signifierait qu’on a conscience en France et en Europe d’être une nation capable de créer de nouveaux modèles, sans abandonner tout ce qui a existé avant.
  • Il faut revendiquer le fait que nous avons des expériences à mener, à l’initiative d’artistes, d’enseignants, d’acteurs sociaux, des expériences en lien avec la création artistique dans un territoire. Il faut les multiplier dans la durée, pour créer du lien et servir comme la base d’une pensée pour les personnalités politiques nationales. » 

    Hortense Archambault, directrice de la MC93 - Bobigny

« Il ne faut pas attendre une élection présidentielle pour refonder notre politique culturelle » (Patrick Bloche)

  • Patrick Bloche - ©  Seb Lascoux
    « Il ne faut pas attendre une élection présidentielle pour refonder notre politique culturelle. Notre actualité va continuer à vivre au-delà de cette échéance électorale. La refondation n’est pas devant nous, elle est actuellement à l’œuvre.
  • Dans les années à venir, des droits créés ou confortés par la LCAP Liberté de création, architecture et patrimoine  prendront leur plein essor. Nous avons affirmé les droits culturels pour la première fois dans notre droit interne.
  • Les parlementaires ont demandé un certain nombre de rapports, notamment sur les arts visuels, sur les relations entre écrivains et éditeurs ou encore sur la possibilité de créer un 1 % travaux publics pour l’expression de l’art dans l’espace public.
  • Un accord historique sur l’intermittence du spectacle a été signé en avril 2016, et il faudra en suivre les effets, tout comme ceux des crédits d’impôt dans bien des domaines.
  • De ce fait, je ne vis pas l’échéance de 2017 comme une rupture où tout devrait commencer. Nous sommes le produit d’une longue histoire.
  • Le Parti Socialiste a publié début juin 2016 un “cahier de la présidentielle”, consacré aux enjeux éducatifs et culturels. Il s’articule autour de trois mots-clés :
    • La mobilité, des publics et des artistes ;
    • La mixité, notamment pour l’égalité de l’accès à l’art ;
    • La proximité, pour faire de la participation des citoyens aux politiques culturelles un enjeu majeur.
  • Nous devons mettre en réseau les équipements, les événements et les projets culturels, encourager l’adaptation des équipements culturels de proximité aux nouveaux usages ou aux rythmes de vie, développer des jumelages entre artistes et établissements scolaires… »

    Patrick Bloche, président de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation à l’Assemblée nationale

« Je suis un décentralisateur centralisateur » (Stéphane Fiévet)

  • Stéphane Fiévet - ©  Seb Lascoux
    « La culture ne représente plus un espace d’affrontement majeur et idéologique entre les mouvements  politiques républicains. Il n’y a pas eu de rupture fondamentale depuis 60 ans, dans la politique culturelle, malgré une alternance de gouvernements. Sauf l’affrontement qui oppose la France républicaine et la France du Front National.
  • Dans cette histoire, le ministère de la Culture a joué un rôle majeur comme garant et repère de la liberté et de l’indépendance. Dans les années 2000, le ministère qui était un ministère de mission est devenu un ministère de gestion ; il n’est plus porté par le souhait fondamental de changer la société.
  • Quel que soit le ministre et son talent, sa capacité de modification du système est très faible.
  • Il faut accentuer le partenariat entre l’État et les collectivités, mais en restructurant le ministère de la Culture. Il faut une partition plus claire des missions entre l’État et les collectivités, faire jouer à l’État son rôle d’accompagnement et de régulateur de la révolution numérique, et des inégalités entre les acteurs culturels. Il faut reformuler plus clairement les missions de l’État.
  • Je suis un décentralisateur centralisateur. Je suis favorable à ce qu’on rétablisse un fond d’intervention culturel pour redonner à un ministre des capacités d’interventions qu’il n’a absolument pas aujourd’hui. Le tout déconcentration n’a aucun sens.
  • Dans la définition des politiques publiques, il faut travailler à une restauration plus forte des partenariats : il faut impliquer davantage les professionnels dans les actions des politiques publiques et les responsabiliser dans leurs moyens à entreprendre. On doit rééquilibrer le poids du public, de l’artiste et de la médiation culturelle. Le numérique a bouleversé cet équilibre, refaçonne les priorités et crée une forte différence entre culture savante et culture populaire. »

    Stéphane Fiévet, comédien et metteur en scène

« Développer un projet de société qui intègre la culture comme axe prioritaire et fondamental » (Michel Lefeivre)

  • Michel Lefeivre - ©  Seb Lascoux
    « Il faut avoir une ambition culturelle au niveau national. Cela doit être une priorité. Nous devons développer un projet de société qui intègre la culture comme axe prioritaire et fondamental.
  • Avec les dernières élections, nous avons eu beaucoup de nouveaux élus, qui se sont féminisés et rajeunis. Or, nous n’avons pas forcément les mêmes repères avec ces nouvelles générations en termes d’art et de culture. Le dialogue est d’autant plus important.
  • On entend parler de mutualisation, pas assez de coordination. Le risque d’une mutualisation comptable, c’est la disparition de certains projets. Il faut éviter d’avoir une approche économique et des économies d’échelle, qui n’ont aucun sens dans la culture.
  • Nous devons mettre en place un plan massif d’éducation artistique à l’école et d’éducation populaire. Le travail fait en termes de médiation culturelle n’est pas assez médiatisé. Ce plan massif pour l’éducation artistique à l’école, annoncé dans le cadre du quinquennat culturel de François Hollande, est un grand raté du quinquennat.
  • Il faut être vigilant en ce qui concerne l’exception culturelle. Nous avons besoin de sauvegardes, qui permettent de constater que l’art et la culture ne sont pas des marchandises comme les autres. Je pense que la France n’est pas assez présente sur les mécanismes européens, peut-être avons nous une vision trop franco-française ? »

    Michel Lefeivre, président du SNSP Syndicat national des scènes publiques

« L’enjeu est la culture à l'école et la culture pour tous » (Florence Portelli)

  • Florence Portelli - ©  Seb Lascoux
    « Si on décide de définir ce qu’est la bonne culture, on tombe dans des écueils extrêmement dangereux. La culture doit être le but ultime, la culture est une arme de construction massive de l’individu. Avec une société en perte de repères, avec des gens qui n’ont pas conscience de l’autre, la culture est un facteur d’intégration, d’ouverture à l’autre et de compréhension de soi.
  • Il faut avoir une approche générationnelle de la culture, une approche sur un projet de vie d’un individu, sur la durée.
  • Il y a du bien à dire des politiques culturelles menées par chaque bord. J’ai un regret cependant concernant la réforme des rythmes scolaires. Cela passe par la formation beaucoup plus importante des enseignants : les Français n’ont pas d’oreilles, comme si nous n’avions pas de cultures polyphoniques. Il faut réfléchir à intégrer l’éducation de la culture à l’école, regrouper les temps d’activités artistiques à l’école, rebâtir des équipements culturels… L’enjeu est la culture à l’école et la culture pour tous.
  • Des prises idéologiques sont à bannir : on ne peut pas renier un patrimoine, renier ce qui mène à l’excellence. »

    Florence Portelli, secrétaire nationale à la Culture pour Les Républicains

« Notre politique culturelle s’appuie sur une présence publique forte, mais nous devons repenser notre modèle » (Jean-Noël Tronc)

  • Jean-Noël Tronc - ©  Seb Lascoux
    « 60 ans d’intervention publique ont pour conséquence qu’on ne parle que de la dimension publique. Or, cela pose problème car nous continuons à considérer que la politique publique culturelle est déterminée par l’État via le ministère, les DRAC Direction régionale des affaires culturelles , les subventions… Mais on voit bien que ses moyens (9 Md€ en 2015) sont bien moindres par rapport à ceux des collectivités locales (30-35 Md€). On confond service public et secteur public, intérêt général et action des acteurs publics.
  • Si l’on met bout à bout l’ensemble de cette dépense publique, nous avons une minorité du poids économique de la culture en France, puisqu’en majorité il s’agit d’acteurs privés. Nous avons trop souvent tendance à faire l’impasse sur ce secteur.
  • Il faut repenser l’organisation générale de la politique culturelle en France, du point de vue de l’articulation des relations entre État et collectivités territoriales. Notre politique culturelle s’appuie sur une présence publique forte, mais nous devons repenser notre modèle.
  • Je souhaite insister sur la dimension internationale de notre politique culturelle, qui est aujourd’hui notre parent pauvre. Nous devons régler nos problèmes hexagonaux et nous tourner vers l’extérieur. Les acteurs privés de la culture doivent demander plus au niveau de l’international et de l’export. On ne fait pas assez sur ces domaines.
  • La musique à l’école a été supprimée. Les inscriptions en conservatoire sont tirées au sort par manque de place… La situation de l’enseignement de la musique en France est un scandale. Il faut regarder ce que font nos voisins : les Suisses ont, par exemple, voté en 2015 dans la Constitution un droit à la formation musicale.
  • Pourquoi ne pas faire en sorte que d’ici à cinq ans, il y ait un orchestre dans chaque école ? Cela coûterait autour de 100 M€, ce qui est très peu par rapport au budget de l’Éducation nationale.
  • Nous devons essayer de mettre en orbite une volonté culturelle, pour généraliser l’enseignement de la musique à l’école. »

    Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique

 

Hortense Archambault


• 1994 : maîtrise d’histoire à La Sorbonne et DESS de gestion des institutions culturelles à Dauphine.

• Née le 14/07/1970 à Bâle (Suisse).


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Parcours

Conservatoire national supérieur d’art dramatique - PSL
Présidente du Conseil d’administration
Festival d’Avignon
Administratrice
Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette
Administratrice de production
Compagnie du théâtre de l’Opprimé Augusto-Boal à Paris
Administratrice
Festival d’Avignon
Chargée de production

Fiche n° 723, créée le 12/11/2013 à 16:33 - MàJ le 11/08/2021 à 10:55

Patrick Bloche


• Patrick Bloche adhère au Patri socialiste en 1972, devient premier secrétaire de la fédération parisienne en 2000.

• En tant que député, il s’oppose à la transposition, en droit français, de la DADVSI (directive droit d’auteur droit voisins dans la société de l’information), lors de son passage à l’Assemblée nationale en 2005 et 2006.

• Il défend la mise en place d’une licence globale pour légaliser les échanges de contenus culturels en ligne.

• En 2009, il s’oppose à la loi Hadopi (Haute autorité pour la diffuion des œuvres et la protection des droits sur Internet).


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Parcours

Ville de Paris
Adjoint à l'Éducation, à la petite enfance et aux familles
Équipe de Benoît Hamon
Responsable de la thématique Médias/Culture
France Télévisions (France Tv)
Membre du conseil d’administration
Assemblée nationale
Président de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation
Paris
Maire du 11e arrondissement
Assemblée nationale
Député (PS) de la 7e circonscription de Paris
Ville de Paris
Membre du Conseil de Paris

Fiche n° 55, créée le 30/09/2013 à 16:57 - MàJ le 30/12/2020 à 09:38

Stéphane Fievet


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Parcours

Paris 2024
Directeur de la culture
Ville de Paris
Conseiller spécial auprès de la Maire de Paris, chargé des grands événements
Centre national du Théâtre
Directeur
Ministère de la Culture
Mission pour le développement des relations internationales du théâtre français
Théâtre d'Épernay (Marne)
Directeur
Centre national du Théâtre
Mission de préfiguration du CNT
Compagnie Terra Incognita
Cofondateur
Scène nationale de Douai (Nord)
Directeur artistique du festival Les Boréales
Centre culturel français de Bangui (République centrafricaine)
Coopérant
Metteur en scène, comédien
Artiste

Fiche n° 109, créée le 01/10/2013 à 22:05 - MàJ le 27/06/2019 à 10:38

Michel Lefeivre

Email : direction@cdbm.org
Téléphone : 0608462118
Date de naissance : 28/10/1954
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Parcours

Syndicat National des Scènes Publiques (SNSP) (SNSP)
Vice-président en charge de la négociation collective
Centre des Bords de Marne (Val-de-Marne)
Directeur Général

Fiche n° 108, créée le 01/10/2013 à 18:49 - MàJ le 17/12/2019 à 16:44

Florence Portelli

Date de naissance : 23/03/1978
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Parcours

Région Île-de-France (Conseil régional d'Île-de-France)
Vice-présidente chargée de la culture, du patrimoine et de la création
Arcadi
Présidente
Arcadi
Vice-présidente
Les Républicains
Secrétaire nationale à la Culture
Mairie de Taverny
Maire

Fiche n° 13068, créée le 09/09/2015 à 18:14 - MàJ le 12/06/2019 à 11:04

Jean-Noël Tronc


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Parcours

Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE)
Fédérateur des industries culturelles et créatives
Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA)
Membre
Canal Plus Overseas
Président directeur général
Orange France
Directeur général
Orange Réunion
Président du conseil d’administration
Orange
Directeur de la stratégie et de la marque
Premier Ministre - Hôtel de Matignon
Conseiller pour les technologies et la société de l’information
Centre d’Analyse Stratégique
Chargé de mission réseaux de la société de l’information

Fiche n° 138, créée le 02/10/2013 à 18:33 - MàJ le 18/10/2021 à 15:19

©  Seb Lascoux
©  Seb Lascoux