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Think Culture 2018 : « Le financement participatif permet de toucher de nouveaux publics » (F. Voisin)

Paris - Actualité n°127728 - Publié le 10/09/2018 à 13:00
©  Seb Lascoux
©  Seb Lascoux

« Par le biais du financement participatif, l’Orchestre National d'Île-de-France • Créé en 1974 à l’initiative de Marcel Landowski • Financé par le conseil régional d’Île-de-France et le ministère de la Culture et de la Communication • Mission : - diffuser l’art symphonique… cherche à la fois à suppléer aux financements publics et à mettre le public au cœur de son action. Notre première expérience, en 2013, n’a pas atteint l’objectif de financement mais a été un succès en termes de participation. Nous avons gagné un nouveau public, plus investi et plus sensible à un aspect citoyen et participatif, qui ne connaissait pas l’orchestre et qui nous a rencontrés via la plateforme », déclare Fabienne Voisin, directrice de l’Ondif Orchestre national d'Île-de-France , lors de l’atelier « Le financement participatif culturel : la démocratisation par la philanthropie ? », organisé dans le cadre de la 3e édition de Think Culture à l’université Paris-Dauphine le 04/09/2018. 

« Le financement participatif est aussi un espace de contre-pouvoir culturel, qui permet d'écouter d’autres choses, de voir la réalité d’autres projets, et qui apporte un formidable esprit de liberté. Il favorise la découverte d’expériences transverses ou de projets originaux qui ne trouveraient pas leur place dans la programmation formatée des médias d’aujourd’hui, et permet d'échapper aux filtres des goûts des programmateurs et de la place disponible sur les antennes », ajoute François Besson, directeur de l’Action culturelle de la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique. 

News Tank rend compte des échanges.

« Le financement participatif permet de toucher de nouveaux publics » (Fabienne Voisin)

  • Fabienne Voisin - ©  Seb Lascoux
    « L’Orchestre National d'Île-de-France fréquente 60 scènes à l’année et est résident à la Philharmonie de Paris avec une centaine de concerts par an. Nous sommes riches de ces rencontres et de cette proximité avec le public. Avec les projets participatifs, nous souhaitions à la fois suppléer aux financements publics et mettre le public au cœur de notre action.
  • Notre première expérience, en 2013, n’a pas atteint l’objectif de financement mais a été un succès en termes de participation. Il s’agissait d’un appel à participation pour la mise en scène d’un opéra. Nous devons construire les spectacles deux saisons en amont, ce qui rend difficile la sollicitation d’un public.
  • Nous avons atteint seulement 25 % de l’objectif de financement, mais pas un seul des donateurs, qui, l’objectif n’ayant pas été atteint, avaient la possibilité de récupérer leur don, ne s’est désisté. En revanche, nous avons gagné un nouveau public, plus investi et plus sensible à un aspect citoyen et participatif, qui ne connaissait pas l’orchestre et qui nous a rencontrés via la plateforme.
  • Notre prochain projet serait beaucoup plus axé sur la participation et le regard de la communauté, en leur demandant par exemple de faire des choix artistiques.
  • Animer une communauté prend énormément de temps. Une personne est devenue quasiment permanente sur ce sujet. Il faut donner du sens à sa communauté en permanence. Ce travail fait partie de l’ADN de l’orchestre, car nous nous cherchons sans cesse à entrer dans le quotidien des franciliens.
  • Il a donc fallu réapprendre à parler de nous, parce que nous ne savions pas le faire. Nous faisons le pari de la sincérité et de l'émerveillement du quotidien, notamment en faisant que le musicien s’adresse directement à la communauté. »

    Fabienne Voisin, Orchestre national d'Île-de-France

Fabienne Voisin


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Parcours

Les Forces Musicales
Vice-présidente
Orchestre national d'Île-de-France (Ondif)
Déléguée générale puis directrice par interim
Consultante
Production artistique (réhabilitation d’un centre culturel à Abidjan, Côte d’Ivoire)
Orchestre national d'Île-de-France (Ondif)
Chargée de la diffusion et de la production
TRANSART production
Chargée de production et assistante de programmation

Fiche n° 374, créée le 23/10/2013 à 21:01 - MàJ le 12/07/2019 à 10:25

« La participation financière permet aussi de resserrer les liens » (Dominique Hervieu)

  • Dominique Hervieu - ©  Seb Lascoux
    « Il est important pour un théâtre d’avoir un ADN. À la Maison de la danse Première Maison de la Danse en France, vouée à toutes les danses, formes et techniques • Inaugurée le 17/06/1980 dans le quartier de la Croix-Rousse (4e arrondissement) • Relogée en septembre 1992… , le terme de “Maison” évoque un lieu chaleureux et ouvert, qui fait aller la danse partout où elle ne va pas et touche des nouveaux publics qui ont moins accès à la culture. Pour faire entrer cette image dans l’esprit des spectateurs, il faut les faire collaborer, participer, s’approprier le lieu.
  • La participation financière permet aussi de resserrer les liens, sur des dispositifs diversifiés et nombreux, qui développent un travail de partage sur la connaissance de l’art chorégraphique. Demander explicitement aux spectateurs de nous soutenir ne me pose aucun problème. Voir des spectacles, comprendre les missions de cette maison, qui est bien subventionnée mais manque parfois de moyens pour concrétiser certains projets, tout ça fait partie du même jeu. À la fin des spectacles, je m’adresse parfois au public pour le solliciter.
  • Ces personnes qui donnent le font pour une action concrète, qui donne du sens à leur don. Depuis deux ans, avec notre système de billetterie, les spectateurs peuvent choisir au moment d’acheter leurs places de faire don d’un euro, et l’argent collecté permet d’offrir des places aux associations et personnes qui n’en ont pas les moyens. La facilité du don est importante.
  • Une relation de confiance s'établit avec l'équipe du théâtre. Tout cela forme une communauté artistique d’amateurs de danse qui soutiennent ce désir de partager cet art avec le plus grand nombre.
  • Les personnes qui donnent ont besoin de savoir où va l’argent, à qui il profite, et je trouve que c’est très vertueux car l’aspect humain est mis en avant. Tout ça passe par des plateformes Internet et le numérique mais in fine cela renforce le face à face, le corps à corps. La personnalisation, l’humanisation du don est très porteur.
  • La Maison de la danse s’appuie beaucoup sur le numérique, qui permet d’entretenir les liens avec sa communauté, via les nouvelles possibilités d’information régulière, de mise en lien… La plateforme Numeridanse Portail numérique collaboratif dédié à la vidéo de danse ou autour de la danse.Initié par Charles Picq.Porté par la Maison de la danse de Lyon, en association avec le Centre national de la… nous apporte de nombreux contenus, et je fais aussi des interventions comme La minute du spectateur.
  • Nous établissons une relation conviviale avec nos spectateurs, mais toujours centrée sur les contenus chorégraphiques et la création amenés par les artistes. C’est un art de vivre ensemble, avec fidélité et respect mutuel.
  • La force de conviction est très liée à la sincérité par rapport aux valeurs qu’on défend. Chaque institution a son propre rapport à la philanthropie. Par exemple, nous ne faisons jamais appel à la philanthropie pour la création d’une œuvre, parce que nous pensons que c’est plutôt le rôle des subventions publiques. En revanche, nous y faisons appel lorsqu’il s’agit de travail social ou d'éducation artistique, avec une ligne bien lisible, qui donne du sens à ce geste.
  • Nous avons ainsi lancé une campagne pour récolter 15 000 € qui ont permis de réaliser “My dance company”, un serious game pour les ados, dans lequel ils peuvent construire une compagnie et des chorégraphies, le tout nourri par les contenus de Numeridanse. »

    Dominique Hervieu, Maison de la danse

Dominique Hervieu


• Chevalier des Arts et des Lettres (2001)
• Officier des Arts et des Lettres (2009)
• Chevalier de la Légion d’Honneur (2011)
• Officier de la Légion d’Honneur (2020)
Prix et Récompenses :
- Concours international de danse de Nyon (1986)
- Danse à Paris (1986)
- Prix d’interprétation féminine du Concours International de danse de Paris avec La demoiselle de Saint-Lô (1988)
- Laurence Olivier Awards pour Le Jardin io io ito ito (2001)
- Prix chorégraphique de la SACD pour l’ensemble de l'œuvre Montalvo-Hervieu (2007)
- Grand Prix du Golden Prague et Prix du Festival du film de Bagdad pour L’Art de la rencontre (2007)

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Parcours

Biennale de Lyon
Co-directrice
Triennale de Yokoama (Japon)
Directrice artistique
Biennale de la danse de Lyon
Directrice artistique
Compagnie Montalvo-Hervieu
Chorégraphe et interprète

Fiche n° 61, créée le 30/09/2013 à 17:45 - MàJ le 19/07/2021 à 12:10

« Les plateformes de financement participatif sont aussi un espace de contre-pouvoir culturel » (François Besson)

  • François Besson - ©  Seb Lascoux
    « Les projets qui utilisent avec succès le financement participatif sont majoritairement des projets de musiques actuelles. La Sacem Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique a monté un contrat cadre avec KissKissBankBank, Ulule et Proarti en septembre 2016 pour encourager d’autres projets, issus de répertoires comme la musique contemporaine ou les musiques traditionnelles, à aller chercher leurs financements via ce système. L’enjeu était aussi de faire en sorte que les acteurs soient plus à l’aise avec le fait de demander de l’argent à leur cercle proche, qui était souvent rapproché d’une démarche gênante, de mendicité.
  • La Sacem, en lien avec ces plateformes, forme ses sociétaires de manière personnalisée aux techniques et aux pratiques, pour qu’ils se saisissent de ces outils : comment se présenter, faire vivre la campagne, trouver les contreparties, et aussi se battre contre l’idée selon laquelle le financement participatif est le financement de la dernière chance.
  • Le financement participatif permet aussi de trouver de nouveaux publics, de faire la promotion ou de tester son projet, qui pourra évoluer.
  • Le financement participatif est aussi un espace de contre-pouvoir culturel, qui permet d'écouter d’autres choses, de voir la réalité d’autres projets, et qui apporte un formidable esprit de liberté. Il favorise la découverte d’expériences transverses ou de projets originaux qui ne trouveraient pas leur place dans la programmation formatée des médias d’aujourd’hui, et permet d'échapper aux filtres des goûts des programmateurs et de la place disponible sur les antennes. Il ne faut pas oublier toute la phase en amont qui consiste à naviguer avant de donner, qui permet de prendre connaissance d’initiatives.
  • Depuis septembre 2016, nous avons accompagné 53 projets. 100 % ont trouvé leurs financements, (contre une moyenne de 80-86 %). La plupart sont des sommes modestes mais les campagnes ont un effet levier.
  • Nous sommes toujours en phase d'étude, mais nous pensons que ce système peut permettre à certains répertoires d’exister. C’est un levier formidable s’il s’intègre dans une stratégie. »

    François Besson, Sacem

François Besson


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Parcours

Music Expn
Directeur associé
Europe Logistix
Directeur général
France Creata
Directeur général
The Walt Disney Company
Directeur Marketing & Commercial Marchés émergents
The Walt Disney Company
Directeur Walt Disney Records
Sony Music Entertainment
Directeur Classique & Jazz
Radio France
Responsable Marketing & Partenariats
CBS Disques
Chef de produits
Universal Music Group
Assistant Chef de Produit, Représentant, Chef des ventes et Chef de Produit multi-labels
Diapason
Secrétaire de rédaction

Fiche n° 475, créée le 25/10/2013 à 21:12 - MàJ le 06/06/2018 à 16:51

« L’esprit communautaire permet d’embarquer les gens dans des aventures singulières » (Romain Delaume)

  • romain Delaume - ©  Seb Lascoux
    « Le financement participatif prend de plus en plus de place en raison de son aspect communautaire, qu’il soit au niveau des porteurs de projets ou à celui des plateformes qui, en agrégeant différents projets, créent une grande communauté de passionnés.
  • Dartagnans • Plateforme de crowdfunding créée en septembre 2015 • Missions : - trouver du mécénat 2.0 exclusivement dédié au rayonnement et à la préservation de patrimoine, de l’art et de la culture en… rassemble environ 120 000 passionnés de 115 pays. Pour renforcer cet esprit de communauté et aider nos porteurs de projets à gagner en visibilité, nous avons eu l’idée un peu folle de proposer au public d’acheter ensemble un monument, le château de la Mothe Chandeniers, dans la Vienne. Contre 50 €, les donateurs devenaient co-actionnaires d’une société. En 2017, en 2 mois nous avons levé 1, 615 M€ (soit 300 % de l’objectif) auprès de 27910 personnes.

  • Il est intéressant de constater que pendant l’opération tous les autres projets de la plateforme ont profité de cet engouement populaire, médiatique, intergénérationnel, la campagne moyenne sur le site avoisinant les 30 000 €. Le sentiment d’appartenance à une plateforme ou un projet peut créer l’engouement.

  • Pendant cette campagne, nous avons mené une étude avec la Sorbonne pour connaître les motivations des donateurs, dont je donnerai deux chiffres : 70 % des personnes n’avaient jamais fait de don avant, donc par cette opération singulière nous avons réussi à toucher de nouvelles personnes et à populariser le don. 55 % des personnes qui ont participé gagnent moins de 35 000 € par an. C’est un don populaire, plutôt qu’issu de grands donateurs ou entreprises, qui prouve la force du nombre.

  • L’esprit communautaire permet d’embarquer les gens dans des aventures singulières. Les plateformes peuvent avoir un rôle d’influenceurs, et faire de la culture ou de la préservation du patrimoine quelque chose d’un peu à la mode dont on a envie de faire partie, et contribuer à ce que cette nouvelle cause soit soutenue.
  • Il faut aussi regarder ce qui se passe à l'étranger. En Angleterre, le “National Trust” a été créé à la fin du XIXe siècle par le peuple pour préserver le patrimoine culturel. Aujourd’hui, il comporte un million de membres qui donnent chaque année 450 M€ et génèrent de l’interaction en venant visiter, avec leur famille ou leurs amis, les monuments. En achetant des billets d’entrée ou des produits dérivés, on participe aussi au développement de la communauté et au financement des projets patrimoniaux et culturels. »

    Romain Delaume, Dartagnans

Romain Delaume


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Parcours

Château de la Mothe Chandeniers
Cofondateur & CEO
Dartagnans
Cofondateur & CEO
Vendée Globe
Consultant communication
H3P Audit & Conseil
Consultant finance

Établissement & diplôme

Skema Business School
Double master Management international et Corporate Finance

Fiche n° 14289, créée le 18/11/2015 à 11:06 - MàJ le 25/04/2018 à 17:34

Anne Gérard Déléguée nationale Arts et culture @ Réseau Canopé • Présidente @ GIE Objectif Transport Public • Directrice adjointe de l’Édition transmédia @ Réseau Canopée
 :
 « Les plateformes ne sont pas neutres, elles ont un rôle prescripteur auprès des donateurs, ne serait-ce qu’en entretenant une relation personnalisée. Est-ce que la multiplication des communautés les unes à côté des autres, où chacun choisit sa propre cause, entraîne un risque d’effet de massification, où ne ressortiraient que les projets qui fonctionnent le mieux ? »

Romain Delaume : 

  • « On ne peut pas tous défendre toutes les causes, chacun choisit selon ses goûts. Les biens sont de plus en plus policés, il y a presque un ordre mondial de ce qu’il faut acheter, écouter, lire, et cultiver la différence par la création de communautés est très important. Des communautés soudées peuvent s’imbriquer et créer un nouvel écosystème.
  • Chez Dartagnans, nous faisons exister tous les projets en les présentant dans notre newsletter. Il faut réussir à exister sur les réseaux sociaux. Nous avons la chance d'être une plateforme spécialisée, dans le patrimoine culturel, donc nous savons que 100 % de nos utilisateurs sont intéressés par l’ensemble des projets que nous accompagnons et portons. Nous mettons un point d’honneur à valoriser tous les projets de la même manière, contrairement aux grosses plateformes généralistes qui n’en ont pas le temps.
  • Notre but est que tous les projets atteignent leur objectif de financement et continuer à faire grossir notre communauté. Nous n’avons pas la prétention de sélectionner les projets. Le seul critère de sélection que nous opérons, c’est l’envie du porteur de projet de vouloir partager et communiquer autour de lui, de véritablement porter son projet. Nous agissons en complément, comme des accélérateurs du projet, pour le faire découvrir au grand public et à notre communauté internationale. »

François Besson :

  • « La question de la responsabilité des plateformes se pose en effet, car ce système peut amener à un cloisonnement hermétique. Les plateformes doivent faire en sorte que les personnes s’intéressent à d’autres sujets, veiller à l'équilibre des projets et des esthétiques, et animer leur communauté. Les plateformes proposent une formation aux porteurs de projets, mais le porteur de projet ne possède pas toujours des qualités d’animateur. En revanche, le public vient sur la promesse d’un projet artistique, ce qui peut créer un grand écart entre la sincérité de l’artiste et la sur-sollicitation du public. »

Dominique Hervieu :

  • « Il y aussi une forme de concurrence dans le mécénat. Quand il s’agit d’un objet d’art, il y a une jouissance du donateur de pouvoir approcher l’objet et penser qu’il lui appartient un peu. Lorsque le don touche à des dimensions sociales ou à un art vivant ou éphémère où on ne possède rien, où on est dans une jouissance esthétique pure, il est plus difficile. »

©  Seb Lascoux
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