
150 « grands festivals » européens liés à « seulement 4 groupes capitalistiques » (Live DMA/SMA/Reset !)
Live DMA
Live Developing Music Action
, le SMA
Syndicat des musiques actuelles
et Reset
Réseau européen d’organisations indépendantes de la culture et des médias
! Network présentent la mise à jour de leur cartographie des festivals en Europe, destinée à montrer « qui possède quoi ? » dans la musique live, le 28/04/2026. Les trois organisations constatent ainsi que « plus de 150 des plus grands festivals » en Europe sont liés à « seulement quatre groupes capitalistiques : AEG, Live Nation, CTS Eventim
Groupe allemand spécialisé dans l’organisation de spectacles et la billetterie en Europe
• Création : 1989, sous le nom de Computer Ticket Service (CTS)• Présent dans 25 pays
• Missions :
…
et Superstruct ».
Cette nouvelle version de la carte, qui intègre notamment des changements tels que l’acquisition de Superstruct par KKR
Kohlberg Kravis Roberts
et CVC en 2024, montre qu’entre 2022 et 2025, « le nombre de festivals liés à Live Nation est passé de 74 à 78, ceux liés à Superstruct de 34 à 63, ceux liés à CTS Eventim de 42 à 51 et ceux liés à AEG de 5 à 10 ».
Les trois organisations publient également une cartographie des salles de spectacle, qui « révèle un tableau différent mais complémentaire ». Celle-ci montre que « les grands groupes se concentrent avant tout sur les arenas et les stades », AEG, Live Nation et CTS Eventim exploitant ou détenant des parts dans « certains des plus grands stades ou arenas d’Europe, souvent dans le cadre de projets immobiliers ou transsectoriels plus globaux ». « Ces infrastructures sont au cœur de l’essor actuel des tournées », indiquent-elles.
Live DMA, le SMA et Reset ! Network mettent en parallèle les « milliers de petites salles ancrées localement et [les] petits festivals [qui] fonctionnent avec des moyens financiers plus modestes et dans des conditions plus précaires ». « Lorsque les artistes passent des clubs aux grands festivals et aux stades, la plupart des revenus générés à cette échelle ne reviennent pas aux petites salles qui les ont soutenus à leurs débuts. Dans la plupart des pays, il n’existe actuellement aucun mécanisme permettant aux salles locales de capter une partie de la valeur qu’elles contribuent à créer », déclarent-elles.
« Il va falloir des régulations fortes » (Emma Rafowicz)
- « Ces cartographies sont particulièrement frappantes, et montrent à quel point la concertation est à l’œuvre dans la culture et la musique. Même si le phénomène n’est pas nouveau, ce qui se passe aujourd’hui est plus violent. Les acteurs se développent de manière verticale, en rachetant salles, festivals, services de billetterie… Ils veulent tout contrôler sur le secteur et cela a un impact sur l’écosystème, dommageable pour les citoyens, les artistes et la diversité culturelle.
- Et puis cette concentration est également plus violente parce qu’elle s’inscrit dans un cadre mondialisé, dans lequel la culture n’est plus une priorité des États et notamment en France.
- On a besoin d’actions fortes pour favoriser la diversité culturelle. L’entretenir passe par la préservation d’une diversité d’acteurs économiques, et repose sur un soutien à l’indépendance. Les collectivités ont une responsabilité majeure dans l’existence de cette diversité. En soutenant des initiatives indépendantes, elles retardent l’arrivée de géants qui veulent tout absorber.
- Et puis il va falloir des régulations fortes, à la fois dans le secteur de la musique, mais aussi pour lutter contre la concentration dans le secteur culturel plus largement. Des choses assez concrètes peuvent être portées : la limitation des concentrations dans le secteur, en séparant les activités de production, d’édition et de promotion.
- Il va également falloir imposer des seuils afin qu’un seul acteur ne détienne pas un certain nombre d’événements. Ce sont des seuils que l’on peut définir collectivement et qui peuvent objectivement faire avancer les choses.
- Enfin, il faut des chiffres pour observer les tendances du marché. Ainsi, je porterai dans le rapport Agora, dont je suis la rapporteure, la proposition de créer un observatoire de la musique, pour avoir des données objectives sur les phénomènes de concentration.
- J’ajouterais que, la culture étant une priorité démocratique, il n’est pas normal de voir se développer partout en Europe des concerts aux tarifs prohibitifs. Je n’accepte pas que la culture devienne un terrain de jeu parmi d’autres pour la spéculation. »
Emma Rafowicz, députée européenne et vice-présidente de la commission culture du Parlement européen, lors de la présentation des cartographies
Syndicat des Musiques Actuelles (SMA)
Syndicat des musiques actuelles
• Représente les producteurs de spectacles, labels et éditeurs phonographiques, écoles de musique, organismes de formation, lieux de concerts, festivals, radios, tourneurs, studios…
• Les adhérents sont des employeurs professionnels « qui ne recherchent pas la lucrativité et qui se financent par une mixité de ressources : subventions, recettes commerciales, bénévolat, mutualisation… »
• 600 membres
• Dirigé par un conseil national de 40 membres
• Président : Stéphane Krasniewski, depuis le 10/09/2024
• Contact : Aurélie Hannedouche, directrice
• Tél : 01 42 49 21 16
Catégorie : Groupement professionnel
Adresse du siège
43 Boulevard de Clichy75009 Paris France
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Fiche n° 128, créée le 27/09/2013 à 13:23 - MàJ le 29/04/2026 à 11:26
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