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Les publics : quels nouveaux défis pour les acteurs de la vie culturelle ?
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« Un “entraînement sauvage“, car les acteurs du cirque ont besoin d’un toit à Lyon » (Mathurin Bolze)

Paris - Publié le lundi 4 juin 2018 à 16 h 30 - n° 121587 « De 17 à 19 heures, nous nous rassemblons non pour un spectacle mais pour travailler, pratiquer, répéter, nous entraîner - un entraînement sauvage » sur la place des Célestins (Lyon), le 05/06/2018, « pour dire que les acteurs du cirque dans la région lyonnaise ont besoin d’un toit », déclare à News Tank, le 04/06/2018, Mathurin Bolze, directeur artistique de la compagnie conventionnée MPTA et du festival utoPistes qui se tient en association avec le Théâtre des Célestins jusqu’au 09/06/2018.

« Avec l’École de cirque et avec de nombreuses compagnies, nous recherchons un lieu pour y créer une cité des arts du cirque qui permette de rassembler et coordonner toute la filière, des pratiques amateur à la création la plus pointue », explique encore Mathurin Bolze.
© Christophe Raynaud De Lage
© Christophe Raynaud De Lage

Présentation
  • « Un “entraînement sauvage“, car les acteurs du cirque ont besoin d’un toit à Lyon » (Mathurin Bolze)1/1

    Les utoPistes, festival des arts du cirque

    • Festival créé par la Compagnie MPTA et le Théâtre des Célestins (Lyon)
    • 1re édition du 09 au 22/05/2011
      • 12 jours de représentations, 14 500 spectateurs
    • 2e édition du 27 au 30/06/2013
      • 4 jours de représentations, 8 500 spectateurs
    • 3e édition du 26/04 au 11/06/2016
      • Au théâtre des Célestins s’ajoutent d’autres lieux 
      • à Lyon (Théâtre Nouvelle Génération, Les Nuits de Fourvière, Le Toboggan, Les Subsistances, Maison de la Danse)
      • à Valence (Comédie de Valence)
      • à Chambéry (Espace Malraux)
    • 4e édition du 31/05 au 09/06/2018
      • 16 spectacles dans six lieux de Lyon-Métropole (Célestins, Théâtre Nouvelle Génération, Subsistances, Maison de la Danse, Parc de Beauregard, Rives de Saône)

En quoi consiste cet entraînement sauvage auquel vous conviez les artistes de cirque le 05/06/2018 à Lyon ?

De 17 à 19 heures, nous nous rassemblons non pour un spectacle mais pour travailler, pratiquer, répéter, nous entraîner - un entraînement sauvage sur la place des Célestins. Viendront tous les professionnels du cirque de la région de Lyon qui ne sont pas actuellement en tournée - ce sont les beaux jours -, les amateurs, les élèves de l’École de cirque…

Ce n’est pas un moment militant : nous nous rassemblons pour dire que les acteurs du cirque dans la région lyonnaise ont besoin d’un toit. Avec l’École de cirque et avec de nombreuses compagnies, nous recherchons un lieu pour y créer une cité des arts du cirque qui permette de rassembler et coordonner toute la filière, des pratiques amateur à la création la plus pointue.

Nous serons sur la place avec nos disciplines - celles que l’on peut faire et celles que l’on ne peut pas faire. Et, justement, quand on n’a pas un espace dédié, comment faire de la corde, du tissu, du fil, de la corde ballant, du trapèze ? Cette pénurie de lieux d’entraînement est flagrante et cet entraînement sauvage veut alerter joyeusement la ville et les différentes tutelles sur ce besoin.

Il faut un toit pour la pratique amateur, pour la formation professionnelle (actuellement dispensée à l’École de cirque de Lyon), un lieu d’entraînement accessible quotidiennement pour les professionnels de l’agglomération, un espace de création digne de ce nom (les théâtres lyonnais ne sont pas équipés pour accueillir les disciplines gourmandes en accroches), des espaces de visibilité à tous les échelons de la chaîne pour créer d’autres rendez-vous avec le public, au-delà de la Scène Découverte Cirque portée par l’École de cirque et du festival utoPistes porté par la compagnie MPTA (compagnie de Mathurin Bolze, NDLR).

C’est une forme d’action plus spectaculaire et moins conventionnelle qu’une pétition remise aux tutelles…

Si on voit les badauds intrigués, intéressés quand on s’empare d’un lieu de l’espace public, on fait entendre nos besoins et leurs échos sur la vie culturelle lyonnaise. On montre qui seraient les utilisateurs, les bénéficiaires, les contributeurs de ce lieu.

Depuis combien de temps avez-vous ce projet d’une cité des arts du cirque à Lyon ?

En 2010, lorsque j’ai été shortlisté pour la direction du CCN de Rillieux-la-Pape, j’ai radiographié ce besoin et commencé à exprimer ce désir. Le CCN ne nous a pas été confié et, depuis, nous avons construit avec des architectes le projet d’un lieu sorti de terre. Nous avons rêvé cet espace hors bâti existant avec d’autres entrées que le cirque, car aujourd’hui ce genre de lieu doit croiser d’autres considérations - accueillir une crèche parentale, des ancrages dans la vie de quartier, une restauration avec des contributions locales…

Puis il y a eu une opportunité de bâtiment avec la Fourragère, en face des Subsistances. Nous avons alors mutualisé le projet avec les Subsistances, l’École de cirque et la compagnie. La DRAC nous soutenait mais la Ville de Lyon n’a pas voulu mettre ce site à disposition. Nous avons alors commencé à travailler sur l’idée du parc Blandan dans lequel plusieurs lieux pourraient être attribués à des projets. L’appel d’offre n’est pas lancé mais la Ville nous a déjà fait savoir que ce n’est pas la peine de développer notre projet pour cet endroit-là.

Donc, nous sommes à la recherche d’un autre espace pour reformuler notre projet, soit à partir d’un bâti, soit sur un terrain nu. Comme l’École de cirque doit quitter d’ici un an et demi la MJC Ménival qui l’accueille, il y a désormais une urgence.

Où la compagnie MPTA est-elle installée actuellement ?

Nous avons des bureaux dans un groupement d’associations dans le parc Sutter. Le loyer est très modéré mais il n’y a aucun espace de pratique ou d’entraînement.

Hors des résidences de création dans un théâtre, je sollicite l’École de Cirque et, à l’heure du déjeuner, j’ouvre le trampoline, je m’entraîne et je referme le trampoline avant que les cours ne reprennent.

De quel label voudriez-vous disposer pour votre projet de cité des arts du cirque ?

Après avoir postulé pour le CCN, j’ai bien compris qu’il est compliqué d’attribuer les lieux labellisés danse ou théâtre à des gens qui ne sont pas de la couleur artistique affichée sur leur fronton. Je me dis aussi que les expériences artistiques les plus admirables et enviables sont celles de Zingaro ou d’Ariane Mnouchkine qui ont créé des espaces avec une activité permanente et se passent de label.

Mais les missions que nous nous sommes données avec la compagnie MPTA sont celles d’un pôle cirque : de l’accompagnement, des compagnonnages, de la transmission, des tournées, la production d’un festival dans lequel on encourage à la création… Et le seul moyen d’obtenir une aide au fonctionnement pérenne est le label de pôle national cirque.

Votre travail et votre compagnie sont pourtant reconnus et repérés…

Nous sommes compagnie conventionnée, ce qui est déjà une reconnaissance importante.  Je fais le distinguo entre le projet de lieu à travers lequel notre entraînement sauvage va faire entendre sa voix et le développement de la compagnie. Le festival utoPistes continue de progresser dans un contexte où tout se fige. Si je restreins mon ambition à faire vivre mes propres projets artistiques, je suis très heureux. Il se trouve que dans mon plaisir, dans ma manière de faire et dans ma culture, il y a aussi des rencontres qui engagent, l’envie de répondre aux sollicitations pour accompagner d’autres aventures. Et le conventionnement national à 125 000 euros n’est pas suffisant pour faire tout ça…

Le festival utoPistes ne suffit pas à faire vivre les créations que l’on cherche à impulser. On finit par se dire que ce serait peu ou prou la mission d’un pôle cirque. Et la DRAC reconnaît un manque horizontal d’un outil structurant pour le cirque autour de Lyon…

Depuis huit ans, la DRAC nous soutient dans ce projet de cité des arts du cirque. La Ville de Lyon s’est donné pour grands chantiers la danse et le cinéma mais on voit bien que les arts du cirque la chatouillent. Notre festival, les utoPistes, était soutenu indirectement par la Ville via le théâtre des Célestins ; depuis début 2018, pour compenser la baisse de moyens des Célestins, la Ville nous soutient directement.

Avec un lieu, nous passerions à une échelle supérieure. La DRAC dit qu’elle nous suivra, et également la Région. Or quand je lis il y a quelques jours que la Ville doit économiser 40 millions d’euros, il se peut que ce ne soit pas l’heure des grands chantiers.

Mais je sais qu’il a fallu à la Cascade, pôle national cirque de Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), 18 ans de travail pour que ce lieu émerge et entame son fonctionnement. Nous, nous n’en sommes qu’à 8 ans sur ce projet de lieu.

Mathurin Bolze

Fiche n° 31003, créée le 04/06/18 à 09:34 - MàJ le 04/06/18 à 12:03

Mathurin Bolze



Parcours Depuis Jusqu'à
Compagnie MPTA (Les Mains, les Pieds et la Tête Aussi)
Directeur artistique 2001 Aujourd'hui
2001 Aujourd'hui

1996 : fin de formation au Centre national des arts du cirque
2001 : crée la compagnie MPTA
2009 : Prix Arts du cirque de la SACD
2011 : crée le festival utoPistes


Fiche contact vCard meCard .vcf VCARD Contact @ Julie Grange
Communication et production
Compagnie MPTA
04 78 39 14 84
production@mpta.fr

Fiche contact vCard meCard .vcf VCARD Contact @ Magali Folléa
Attachée de presse
Célestins - Théâtre de Lyon
04 72 77 48 83
magali.follea@theatredescelestins.com

Fin
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