Début

Musiques actuelles : hausse des troubles auditifs du public ; vieillissement des spectateurs (Agi-Son)

Paris - Publié le mardi 17 novembre 2020 à 13 h 00 - n° 199619 • 82 % du public des concerts a déjà eu un trouble auditif, soit « +46 % en 10 ans » ;
• 60 % porte des protections auditives (dont 22 % de manière systématique), soit « +43 % en 10 ans » ;
• 70 % « fait des pauses ou s'éloigne des enceintes » durant les concerts ;
• 22 % des adultes se rendent en concerts avec leurs enfants ;
• Le public des salles de musiques actuelles est composé à 54 % par deux catégories socio-professionnelles « dites supérieures » : employés et cadres ;
• 74 % des spectateurs sont diplômés de l’enseignement supérieur ;
• L'âge moyen est de 38 ans, soit six ans de plus qu’en 2016 (32 ans), indicateur pointant une « tendance au vieillissement » du public,
tels sont quelques-uns des résultats de l’enquête 2019-2020 « Public de concerts et risques auditifs - évolution des pratiques et des comportements », présentée par l’association Agi-SonAGI-SONAGIr pour une bonne gestion SONore, à l’occasion de son « mois de la gestion sonore », le 16/11/2020. Ce baromètre national a été réalisé par le cabinet SoCo Études auprès de 1 020 spectateurs,  entre novembre 2019 et février 2020.

« L’usage de protections auditives par le public de concert a progressé de 43 % en 10 ans. Les pratiques d’éloignement des enceintes ou de pauses à l’écart du son se développent également. Mais il ne s’agit pas d’oublier les autres formes d’écoute musicale, notamment avec des écouteurs, qui peuvent aussi provoquer de nombreux troubles auditifs. Car si le public de concerts est bien informé et a tendance à adopter des comportements de protection face aux risques auditifs, il n’en reste pas moins que le nombre de personnes subissant des troubles auditifs augmente d’année en année. En 10 ans, la proportion de personnes ayant déjà eu un trouble auditif (acouphènes, impression de moins bien entendre ou hyperacousie) parmi le public de concerts, est passée de 56 % à 82 %. Il s’agit d’un problème de santé publique majeur », indique l'étude dans ses conclusions.

Agi-Son publie par ailleurs son troisième baromètre « Jeunes, musiques et risques auditifs », qui questionne 5 389 collégiens et lycéens âgés de 12 à 18 ans sur leurs goûts musicaux, leurs habitudes d’écoute, leurs pratiques instrumentales et leurs rapports aux risques auditifs.
© D.R.
© D.R.

Chiffres et données-clés de l'étude « Public de concerts et risques auditifs »

Profils et habitudes des spectateurs

  • Moyenne d'âge à 38 ans
    • 37 ans sur l’enquête 2018-2019
    • 36 ans sur l’enquête 2017-2018
    • 32 ans sur l’enquête 2016-2017.
  • 33 % du public vit dans une grande agglomération de plus de 100 000 habitants (contre 15 % des Français)
    • 19 % du public est originaire de villages (contre 25 % des Français).
  • 74 % du public est diplômé de l’enseignement supérieur (contre 25 % des Français)

Goûts musicaux

  • 4,2 styles musicaux appréciés en moyenne
  • Classement des styles musicaux cités :
    • Rock : 81 %
    • Chanson/pop : 62 %
    • Électro : 47 %
    • Musiques du monde : 38 %
    • Hip-hop : 37 %
    • Metal : 34 %
    • Jazz : 34 %
    • Reggae : 31 %
    • Classique : 29 %
    • Techno : 22 %

Lieux et fréquence de sortie

  • Salles moyennes : 87 % du public les fréquentent « au moins une fois par an »
  • Cafés-concerts et petits clubs : 82 % du public s’y rend « au moins une fois au cours de l’année » et 58 % des moins de 25 ans y vont « au moins trois fois par an ».
  • Festivals : fréquentés par 79 % du public et « de façon plus intense » par les moins de 35 ans.
  • Grandes salles : 63 % du public a fréquenté « au moins une fois » une grande salle de spectacle (de type Zénith) ;
    • Ce sont « en majorité des sorties uniques »

Perception du volume sonore

  • Le moitié du public « estime le volume bien réglé dans les festivals et les salles »
  • Un spectateur sur trois estime toutefois « le volume sonore “un peu trop fort” dans les lieux » : « la réflexion sur la gestion des volumes et la qualité sonore par les professionnels est donc à poursuivre », indique Agi-Son
  • 76 % du public « n’a pas remarqué de différence depuis l’application du décret son qui abaisse les niveaux sonores » 

Chiffres et données-clés de l'étude « Jeunes, musiques et risques auditifs »

Goûts et usages

  • Goûts musicaux :
    • Hip hop : 67,6 %
    • Chanson/pop : 45,5 %
    • Électro : 23,9 %
    • Rock : 21,9 %
    • R&B : 19,5 %
    • Musiques de jeux vidéo : 18 %
  • 81 % des jeunes écoutent de la musique en ligne
    • « Près de 70 % » le font entre 1 heure et 5 heures par jour
    • 91 % écoutent la musique sur leur smartphone
  • La plateforme la plus utilisée est YouTube YouTube : 83 %
    • Suivie de Spotify Spotify(46 %) et de Deezer Deezer(26 %)
    • 78 % écoutent des playlists et les créent par eux-mêmes

Risques auditifs

  • Un jeune sur cinq passe « plus de 5 heures par jour avec des écouteurs sur les oreilles »
    • Un sur 10 écoute de la musique ou des sons amplifiés « 7 heures ou plus par jour »
    • Les plus de 15 ans sont « ceux qui écoutent le plus de musique chaque jour »
  • 47 % des jeunes écoutent la musique « à des niveaux pouvant causer des troubles auditifs »
  • 65 % écoutent avec un seul écouteur
  • 39 % s’endorment avec la musique
    • 70 % avec des écouteurs
    • 63 % ne mettent pas d’arrêt automatique
    • 82 % laissent la musique entre 15 min et 1 heure.
  • 37 % des jeunes ont déjà eu des troubles auditifs

Pratique musicale

  • 41 % des jeunes « ont pratiqué ou pratiquent actuellement un instrument de musique ou le chant »
    • 41 % : clavier et piano
    • 34 % : chant
    • 34 % : guitare
  • 30,4 % des musiciens jouent « tous les jours ou presque »
    • 43,4 % « plusieurs fois par semaine »
    • 32,8 % « avec d’autres musiciens »
    • 35,9 % des répétitions durent 1 heure
  • 57 % des musiciens « ne protègent jamais leur audition lorsqu’ils jouent de la musique »
AGI-SON
Fiche n° 4934, créée le 19/04/17 à 07:28 - MàJ le 08/07/20 à 11:25

AGI-SON

Association AGIr pour une bonne gestion SONore
• Fondé en 2000.

Créée par des professionnels pour défendre l'écoute, la création et la pratique des musiques amplifiées
Coordonne des campagnes de prévention des risques auditifs
• Président : Rémi Vander-Heym (FNSAC-CGT)
• Directrice : Angélique Duchemin
• Chargé de communication et des relations publiques : Marion Gougeat, responsable de la communication



AGI-SON
6 rue Duchefdelaville
75013 Paris - FRANCE
vCard meCard .vcf VCARD

Fin
loader mask
1