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Appel de 300 musiciens et producteurs « pour une écologie de la musique vivante »

Paris - Publié le mercredi 17 juin 2020 à 11 h 00 - n° 185950 Appeler le secteur musical dans son ensemble à « une transformation responsable et écologique des pratiques et modes de production », tel est l’objet de l’appel « Pour une écologie de la musique vivante » initié par des musiciens et réunissant producteurs et professionnels du jazz et des musiques improvisées, porté à la connaissance de News Tank le 16/06/2020. « Il n’est pas hasardeux de penser que la culture pourrait subir plus tôt que prévu les impacts directs du changement climatique : les canicules, pandémies, inondations et autres événements climatiques violents se systématisant, les assurances ne couvriront plus certains événements. Que ferons-nous par exemple sans tous ces festivals d’été qui représentent une part colossale de l’activité culturelle et de l’économie du spectacle vivant ? », indiquent-ils.

Les 300 signataires, qui appellent à « la mise en place d’une politique publique pour une écologie de la musique vivante », proposent notamment de : 
• Mettre en réseau les diffuseurs - lieux et festivals - pour qu’ils s’inscrivent dans une démarche de coopération qui permettrait de grouper les concerts,
• Sortir du « modèle de l’artiste star, incompatible avec une société où la justice écologique doit se substituer à la logique économique »,
• « Revaloriser, symboliquement, l’artiste qui agit localement » en tissant des réseaux de partage sur son territoire (…) et en construisant des projets au long cours et des collaborations pérennes avec les lieux et les habitants d’un même territoire,
• Redonner à l’acte de voyager son caractère « exceptionnel et précieux » en privilégiant les projets de longue durée accompagnés d’actions artistiques et culturelles dans le pays d’accueil,
• Sortir de « l’obsolescence programmée » des créations.

Parmi les signataires de cet appel, figurent Leïla Martial, vocaliste, Michaël Dian, directeur de l’Espace Culturel de Chaillol, Cédric FassenetCédric Fassenet, directeur des Scènes du Jura / Scène nationale, Ève Risser, pianiste, Gérard Dahan, directeur du Petit Duc, Philippe Le Goff, directeur de Césaré, Laurence Recchia, administratrice et cofondatrice de l’Ensemble Les Voix Animées, l’ONJONJOrchestre national de Jazz, Pascale HenrotPascale Henrot, directrice de l’ONDAONDAOffice national de diffusion artistique, la fédération d’artistes Grands FormatsGrands Formatsfédération des grands ensembles de jazz et musiques improvisées, l’ADEJADEJAssociation Des Enseignants de Jazz, Olivier MichelOlivier Michel, directeur de La Pop, et l’Ensemble vocal Sequenza 9.3.
© D.R.
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Quelques propositions « pour une écologie de la musique vivante »

Artistes

Transports

  • Cesser de se déplacer en avion dans les cas de dates isolées à l'étranger
  • S’efforcer de se limiter à un vol long-courrier par an maximum
  • Stopper le recours aux vols intérieurs ou pour toute autre destination faisable en train
  • Privilégier les tournées/résidences plutôt que les dates isolées
  • Proposer des actions corollaires aux dates de spectacle pour permettre davantage de rencontres
  • S’opposer à la clause d’exclusivité de certains lieux qui interdisent contractuellement aux artistes de se produire dans la région plusieurs mois avant et après leur événement

La vie en tournée

  • Se munir d’une gourde/récipient et ne plus utiliser les bouteilles en plastique à usage unique (en répétition ou en concert)
  • Indiquer sur les riders le refus de catering ou repas préparés provenant de l’industrie agro-alimentaire
  • Limiter significativement la consommation de viande
  • Limiter les déchets plastiques 
  • Veiller aux gestes écologiques à l’hôtel (éviter les bouteilles plastiques, apporter ses propres produits de toilette, ne pas utiliser les sacs poubelles à disposition pour de petits déchets)

Pratiques quotidiennes

  • Acheter son matériel dans les boutiques spécialisées ou sur des sites d’occasion (privilégier le troc, imaginer toutes sortes d’échanges insolites et créatifs)
  • Pratiquer la réparation plutôt que le rachat de matériel neuf
  • Éviter les grandes chaînes de livraison de matériel et tous les sites en ligne au profit des commerces de proximité
  • Limiter le stockage numérique
  • Poursuivre la réflexion sur l’éco-responsabilité des supports d’écoute de la musique (dans le cas de supports physiques, généraliser les pochettes cartonnées ou en matériau recyclable)
  • Avoir une utilisation raisonnée de l’éclairage sur scène, dans les loges et les locaux de répétition
  • Afficher l’appel “Pour une écologie de la musique vivante” sur le stand disques destiné aux dédicaces afin de sensibiliser le public à ces problématiques
  • Systématiser les bords plateau et les échanges avec le public pour aborder ces sujets

Producteurs, tourneurs, managers et attachés de presse, journalistes spécialisés

  • Axer le travail d’accompagnement des artistes sur le développement de tournées et de partenariats de longue durée avec les salles, les festivals et les territoires
  • Repenser le récit de l’artiste “star” (agenda rempli de concerts, jauge toujours plus grande, hôtel 4 étoiles, salaires exponentiels) et revaloriser le statut des artistes engagés et impliqués localement en permettant qu’une part importante de l’activité puisse avoir lieu sur le territoire de résidence
  • Sélectionner au maximum des hôtels/gîtes labellisés éco-responsables pour le logement des artistes

Lieux, salles et festivals

  • S’efforcer d’optimiser la présence des artistes (plusieurs représentations du même programme dans le même lieu et/ou aux alentours)
  • Mettre en place d’autres actions des artistes invités, en incluant les divers acteurs locaux pour des ateliers, des échanges, des performances, des rencontres…
  • Abandonner les clauses d’exclusivité interdisant contractuellement aux artistes de se produire dans la région plusieurs mois avant et après leur événement
  • Se concerter avec d’autres acteurs du territoire pour organiser des tournées éco-responsables,
  • Négocier avec la production la problématique d’éventuels coûts supplémentaires dans le cas d’une arrivée J-1 pour l’équipe artistique - découlant d’un temps de trajet privilégiant un moyen de transport éco-responsable
  • Fournir des bouteilles en verre réutilisables et bannir tout le matériel en plastique
  • Sélectionner au maximum des hôtels labellisés éco-responsables pour le logement des artistes
  • Privilégier le catering végétarien
  • Privilégier les produits locaux et issus de l’agriculture biologique
  • Réduire les supports de communication papier (affiches et flyers)
  • S’adresser aux imprimeurs locaux labellisés Imprim’Vert
  • Ajouter un onglet co-voiturage pour le public sur son site Internet
  • Établir une charte spécifique au lieu et à la manifestation qui peut également être remise aux musiciens à leur arrivée (ou affichée) en listant ce qui est mis en place
  • Sensibiliser les spectateurs, les partenaires et les artistes programmés à cette démarche pour susciter une adhésion et une participation collective à cette démarche solidaire et écologique.
Fin
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