Vols dans les musées : « Une augmentation préoccupante des méthodes violentes » (rapport Europol)

News Tank Culture - Paris - Actualité n°451181 - Publié le
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Les vols dans les musées sont marqués par « une augmentation préoccupante des méthodes violentes, ainsi qu’un intérêt croissant pour les objets de grande valeur, tels que les métaux précieux, les pierres précieuses et les objets d’importance culturelle », indique le rapport d’Europol European Police Office , publié le 24/08/2026. Baptisé « Changement de tactique, changement de cibles : l’évolution des vols dans les musées », ce rapport s’appuie sur plusieurs affaires marquantes dans des musées européens.

Parmi ses conclusions clés, le rapport évoque l’implication de « nouveaux profils criminels », notamment « des groupes ad hoc recrutés via les réseaux sociaux, qui se distinguent des trafiquants traditionnels de biens culturels, généralement non violents ». Il aborde également les opportunités inter-marchés, en indiquant que « certains malfaiteurs semblent être des opportunistes issus d’autres secteurs criminels, attirés par le faible risque et le fort potentiel de profit que représentent les braquages de musées ».

Ce rapport s’appuie sur le vol d’objets d’art daciens au Drents Museum d’Assen aux Pays-Bas en 2025 ou sur les cambriolages perpétrés au Louvre (Paris 1er) en 2025 et au musée Cognacq-Jay (Paris 3e) en 2024. Les enquêtes nationales menées dans le cadre de ces affaires ont bénéficié du soutien des experts en criminalité contre les biens travaillant au sein du Centre européen de lutte contre la criminalité grave et organisée d’Europol. Ces derniers ont apporté un soutien à la fois « opérationnel, analytique et de coordination ».


Synthèse du rapport

« Un recours accru à la violence lors d’attaques ciblées »

  • D’après le rapport, « les vols dans les musées sont généralement considérés comme une forme non violente de criminalité organisée contre les biens », avec des auteurs qui s’appuient sur « la tromperie et la discrétion, en recourant à des tactiques telles que la reconnaissance et l’exécution discrète ».
  • Cette approche a notamment été adoptée lors du vol à grande échelle de livres de grande valeur (commis en 2024) dans des bibliothèques à travers l’UE Union européenne , où les auteurs ont remplacé les originaux par des copies contrefaites pour éviter d’être repérés.
  • Or, des rapports récents des États membres et des enquêtes en cours font état d’une « évolution tant au niveau des méthodes que des cibles ». Les auteurs adoptent des approches « plus directes et conflictuelles et se concentrent sur des catégories spécifiques d’objets culturels […] avec un recours croissant à la force ».
  • Selon le rapport, « les auteurs s’introduisent dans les locaux et forcent les vitrines à l’aide d’outils tels que des marteaux, des haches, des pieds-de-biche et, dans certains cas, des explosifs ».
  • « Les malfaiteurs utilisent parfois des armes à feu pour intimider le personnel de sécurité et les visiteurs. Certains vols commis dans des musées ont donné lieu à des agressions physiques directes contre le personnel, comme le fait de l’attacher ou d’utiliser la force brute à son encontre », ajoute-t-il.

« De nouvelles cibles » : métaux précieux, pierres précieuses et objets culturels chinois

  • Parallèlement à l’évolution des tactiques de vols, les cibles ont également changé. « Au cours des deux dernières années, les métaux précieux et les pierres précieuses ont souvent été visés (pépites d’or, pièces d’or, objets décoratifs en or, ou bijoux sertis de pierres précieuses) », indique le rapport.
  • « Une autre tendance concerne le ciblage d’objets culturels chinois (assiettes en porcelaine chinoise des XIIe et XIIIe siècles, jarres datant de la dynastie Ming et vases chinois en bronze ornés d’émaux colorés datant des dynasties Ming et Qing) », précise Europol.
  • « Tous les cas signalés à ce jour relèvent de vols ciblés et d’une préparation délibérée, impliquant notamment une reconnaissance et une planification préalables, plutôt qu’un pillage aveugle », indique enfin le rapport.

La valeur financière et la demande du marché comme « facteurs déterminants »

  • Selon le rapport, le choix des cibles est principalement motivé par « des considérations financières ». Ainsi, les métaux précieux et les bijoux sertis de pierres précieuses sont probablement devenus des cibles privilégiées en raison de « leur valeur croissante ». De surcroît, « les métaux précieux peuvent être facilement fondus, ne laissant aucune trace pour les forces de l’ordre et facilitant ainsi leur revente illicite lors du recel, et les pierres précieuses peuvent être facilement retirées et revendues ».
  • Ces objets sont attractifs pour les réseaux criminels en raison de :
    • « leur visibilité,
    • leur accessibilité,
    • et la perception selon laquelle les mesures de sécurité des musées sont moins rigoureuses que celles des bijouteries ».
  • De même, les objets en porcelaine chinoise ancienne font l’objet « d’une forte demande » et sont donc susceptibles d’être « facilement vendus » sur le marché de l’art.

Une évolution des profils

  • « Le recours à la violence pourrait indiquer l’implication d’auteurs présentant un profil distinct de celui des personnes traditionnellement impliquées dans les infractions liées aux biens culturels », indique le rapport.
  • Ces nouveaux individus ont souvent « des antécédents dans d’autres types de criminalité ». De plus, certains voleurs appréhendés dans des affaires récentes « semblent coordonner leurs actions de manière ponctuelle, souvent recrutés localement via les réseaux sociaux et les moyens de communication instantanés, sans avoir de liens préalables entre eux ».
  • Le rapport ajoute : « Il subsiste un manque d’informations, mais il est possible que les exécutants de bas niveau impliqués dans ces vols soient recrutés au hasard selon le principe du “crime-as-a-service”. »
  • Par ailleurs, certains acteurs et réseaux criminels, généralement actifs sur d’autres marchés illicites, « ont pris conscience du potentiel de faible risque et de profits élevés que représentent les cambriolages de musées ».

Basé à La Haye, aux Pays-Bas, Europol a officiellement été créé le 26/07/1995 et soutient les 27 États membres de l’UE dans « leur lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité et d’autres formes graves et organisées de criminalité ». L’Agence de l’Union européenne collabore également avec des États partenaires non-membres de l’UE et des organisations internationales.

Ina Mihaylova
Responsable de la presse
Europol
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press@europol.europa.eu

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