Théâtre Paris-Villette : « Un fonds de dotation pour aider les phases en amont de la création » (A. de Van)
Le Théâtre Paris-Villette (19e) lance un fonds de dotation pour « accompagner des créations dès les premières étapes de développement des projets (écriture, temps de recherche et de préproduction) », annonce-t-il le 12/01/2026. L’ambition de ce fonds, intitulé Tempo, est de « donner aux artistes ce qui leur manque cruellement : du temps pour explorer, pour écrire, pour chercher, pour échouer aussi - avant même la première répétition […] Tempo veut agir comme un catalyseur, en concentrant son soutien sur ces phases en amont, invisibles mais décisives », indique le TPV
Théâtre Paris-Villette
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Le fonds permettra d’accompagner deux projets de création par an, « de leur écriture à leur production ». Il prend la forme d’un soutien financier compris entre 10 000 et 30 000 € HT
Hors Taxes
, « selon l’envergure et les besoins du projet ». Chaque projet sera accompagné sur deux ans.
Le dispositif est ouvert à des « artistes confirmés » installés en Île-de-France. La candidature peut être déposée soit par un auteur ou une autrice, soit par un ou une metteur(e) en scène associé(e) à un ou une auteur(rice). Une « priorité » sera donnée « aux récits innovants, aux voix manquantes et aux projets ouverts à la jeunesse ». Le premier appel à projets est ouvert jusqu’au 15/02/2026.
Le fonds est doté d’un capital initial constitué du « bénéfice exceptionnel généré par le TPV en 2024 », lié à la privatisation du lieu pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 pour abriter le pavillon de la République de Serbie dans le cadre du « Parc des Nations » installé sur l’ensemble du site de la Villette. « La question s’est alors posée de savoir ce que nous allions faire de ce bénéfice. […] Ce qui nous semblait le plus vertueux, et allait dans le sens de la dynamique d’héritage voulue par l’organisation des JOP, c’était d’investir l’argent dans du développement artistique, d’en faire bénéficier les artistes », indique Adrien de Van, directeur du TPV, qui revient pour News Tank sur la création du fonds Tempo, ses objectifs et perspectives.
Dans quel contexte est né le fonds Tempo ?
Au moment des Jeux Olympiques et Paralympiques, La Villette s’est transformée en « Parc des Nations » et, dans ce cadre, le Théâtre Paris-Villette a été privatisé d’une façon totalement exceptionnelle en termes d’envergure et de durée. Il est devenu le pavillon artistique de la République de Serbie. Cette situation a généré pour le TPV un bénéfice tout aussi exceptionnel pour l’année 2024.
Face à la situation exceptionnelle qu’ont été pour nous les Jeux Olympiques, nous essayons d’inventer quelque choseLa question s’est alors posée de savoir ce que nous allions faire de ce bénéfice. Nous avons échangé avec les partenaires, et notamment la Ville de Paris, or ce qui nous semblait le plus vertueux, et allait dans le sens de la dynamique d’héritage voulue par l’organisation des JOP Jeux Olympiques et Paralympiques , c’était d’investir cet argent dans du développement artistique, d’en faire bénéficier les artistes.
Plus précisément, nous avons décidé avec la Ville de Paris que ce bénéfice exceptionnel irait au développement d’une activité d’accompagnement de projet et de production au TPV, activité que les moyens du lieu ne permettent pas de mettre en œuvre habituellement.
Face à la situation exceptionnelle qu’ont été pour nous les Jeux Olympiques, nous essayons d’inventer et d’expérimenter quelque chose. Le premier appel à projets a été lancé, et en fonction de ce qu’il donnera, nous serons peut-être amenés à en revoir les modalités ou à accompagner les projets suivants sous la forme de commande. On ne s’interdit rien.
Nous allons soutenir chaque projet entre 10 000 et 30 000 €, à raison de deux projets par an. Avec le capital initial du fonds hérité des JOP, nous pensons pouvoir soutenir des projets pendant 4-5 ans.
Pourquoi le choix d’un fonds de dotation ?
Le choix du conseil d’administration de créer une structure distincte sous la forme d’un fonds de dotation a été fait pour garantir le fait que le bénéfice de 2024 soit dédié uniquement au développement artistique. Par la suite, si le travail mené grâce au fonds de dotation est intéressant, et que l’on arrive à avoir des développements, ce fonds pourra aussi recevoir d’autres recettes. Il n’y aura pas de nouveaux Jeux Olympiques à Paris dans les années qui viennent, mais nous pourrions mobiliser des financements privés chez des partenaires, des mécènes, afin d’élargir le champ d’action et d’inscrire le soutien dans la durée. Des choses peuvent s’inventer sur la base de ce fonds de dotation.
Pourquoi soutenir en particulier la phase de développement des projets ?
L’idée est de consacrer cet argent à une phase qui est très souvent sous-financée, celle du développement d’un projet. Dans le cinéma, cette phase est très fortement financée, de sorte que ne sont lancés en production que des films solidement préparés ; dans le théâtre, il existe peu de moyens dédiés aux temps d’écriture et de recherche, les financements étant basés pour la plupart sur la mise en production.
Soutenir une phase qui est très souvent sous-financéeAvant, l’intermittence pouvait participer à financer ces phases, mais aujourd’hui les artistes sont sur une multitude de projets pour pouvoir survivre. Ils ne peuvent plus vraiment se consacrer au développement d’un projet sur un temps long, et mettent très vite les projets au plateau sans que ceux-ci ne soient pleinement aboutis.
Dans le contexte actuel, la fragilisation des phases de production et de diffusion rend encore plus fragile la phase du développement. Pourtant, il est important d’avoir un vrai temps d’accompagnement, d’écriture, de recherche, pour faire émerger des œuvres fortes, singulières.
De quelle manière seront accompagnés les artistes ?
La première partie de l’accompagnement est dirigée vers la phase d’écriture, le fonds de dotation venant soutenir l’auteur ou l’autrice et les besoins qu’il ou elle a pour son écriture. L’idée est de pouvoir leur verser des bourses, et financer par exemple des consultants en dramaturgie, une résidence d’écriture dans un milieu choisi, un travail de recueil de témoignages, etc. Cette première phase pourrait très bien donner lieu à une lecture publique une fois le texte abouti.
Ensuite, sur la phase de création, le fonds aura vocation à financer les premiers temps exploratoires de recherche. Il peut s’agir de financer quelques jours de travail avec les concepteurs et conceptrices, les auditions si la distribution n’est pas complète, la recherche de financement, et bien sûr un soutien financier à la production.
Si c’est sur ces phases que se concentre le fonds, rien n’empêche ensuite le Paris-Villette de poursuivre l’accompagnement sous une forme plus classique (résidence, coproduction, production déléguée) et une diffusion au sein du théâtre.
Le fonds s’adresse-t-il uniquement à des projets jeune public, qui est l’une des spécificités du TPV ?
Notre volonté est d’abord et avant tout d’accompagner de beaux projets, avec une écriture singulière, d’aider des artistes à porter des récits qui sont peut-être moins visibles. Avec l’objectif, in fine, de faire émerger des projets solides. Il est certain que pour que ces projets poursuivent leur vie au Paris-Villette, il faut qu’ils portent une attention à la jeunesse. Pour autant, tous les projets soutenus ne seront pas exclusivement des projets jeune public. Le fonds de dotation est adossé au Théâtre Paris-Villette, mais il pourrait très bien accompagner des projets qui poursuivront ensuite leur vie ailleurs.
Adrien de Van
Directeur @ Théâtre Paris-Villette
• Comédien et metteur en scène.
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Parcours
Directeur
Co-directeur avec Valérie Dassonville
Codirecteur artistique
Directeur artistique
Fondateur
Fiche n° 850, créée le 25/11/2013 à 14:55 - MàJ le 13/01/2026 à 16:36
Théâtre Paris-Villette
• Établissement culturel de la Ville de Paris
• Scène contemporaine jeunesse depuis la saison 2013-2014
• Missions :
- refléter la jeunesse et la diversité du théâtre contemporain,
- fédérer les énergies artistiques comme les publics,
- action artistique destinée au « tout public »,
- accueil de spectacles et d’équipes artistiques en résidence.
• Depuis 2016 : assure la gestion du Grand Parquet implanté dans les jardins d’Éole (Paris 18e). Pensé comme une maison d’artistes et un lieu de fabrique artistique, le Grand Parquet accueille tout au long de l’année des équipes pour des temps de création et de recherche.
• Directeur : Adrien de Van
• Contact : Rozenn Tanguy, directrice de la communication et des publics
• Tél. : 01 40 03 74 20
Catégorie : Théâtre
Adresse du siège
211 avenue Jean Jaurès75019 Paris France
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Fiche n° 733, créée le 25/11/2013 à 02:42 - MàJ le 01/04/2026 à 11:11

