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« 80 % des produits servis à nos festivaliers sont locaux » (Jean Perrissin, Cabaret Vert)

News Tank Culture - Paris - Entretien n°100035 - Publié le 24/08/2017 à 14:00
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« Nous avions envie de renouveler la formule de notre village associatif, de (…) renouveler la dynamique. Ainsi, nous avons baptisé ce nouveau village l’IDeal. Nous avons envie d’y montrer des initiatives optimistes, innovantes, encourageantes et bienveillantes, autour de l’économie sociale et solidaire et du développement durable. 20 à 25 structures sont invitées, pendant les quatre jours du festival, à présenter leurs initiatives et actions. Nous allons par ailleurs, chaque année, thématiser l’IDeal autour de deux à trois grands sujets sociétaux, qui feront l’objet de temps d’échanges, de forums et de conférences. Cette année, les thèmes retenus sont : les énergies, les espaces habités et la finance solidaire », déclare Jean Perrissin, responsable du développement durable du festival Cabaret Vert, à News Tank le 24/08/2017. La 13e édition de la manifestation se tient à Charleville-Mézières (Ardennes) du 24 au 27/08/2017.

Jean Perrissin revient par ailleurs sur l’impact des mesures prises par l’organisation pour limiter la consommation d'énergie pendant la durée du festival. « Nous parvenons à stabiliser notre consommation d’énergie. Nous ne la réduisons pas, mais rien que de parvenir à la stabiliser est déjà encourageant car le festival ne fait que s’agrandir, d’année en année. Nous avons cependant encore une marge de progression. Je pense notamment aux transports », indique-t-il. Il évoque par ailleurs l’approvisionnement des stands de restauration auprès des producteurs locaux, objet d’une charte avec ces restaurateurs. « Nous leur communiquons des listes de producteurs et travaillons étroitement avec la chambre d’agriculture. Aujourd’hui, 80 % des produits servis sur le festival sont locaux. D’année en année, les stands se prennent au jeu, notre démarche leur donne des idées. Et, au final, tout le monde est gagnant », précise-t-il.

Jean Perrissin répond aux questions de News Tank.


Le Cabaret Vert inaugure cette année un village dédié au développement durable. Qu’en attendez-vous ?

Le Cabaret Vert disposait d’un village associatif depuis ses débuts. Nous avions envie de renouveler la formule, de sortir du village associatif traditionnel, avec ses stands et ses affiches. Ainsi, nous avons baptisé ce nouveau village l’IDeal. Nous avons envie d’y montrer des initiatives optimistes, innovantes, encourageantes et bienveillantes, autour de l’économie sociale et solidaire et du développement durable. 20 à 25 structures sont invitées, pendant les quatre jours du festival, à présenter leurs travaux et actions.

Avec l’IDeal, nous voulons montrer que le développement durable, c’est du concret, que cela n’est pas une vue de l’esprit »

Nous allons par ailleurs, chaque année, thématiser l’IDeal autour de deux à trois grands sujets sociétaux, qui feront l’objet de temps d’échanges, de forums et de conférences. Cette année, les thèmes retenus sont : les énergies, les espaces habités et la finance solidaire. À côté des intervenants qui s’exprimeront sur ces sujets, nous ferons témoigner des personnes qui partageront leur expérience. L’idée est de montrer que le développement durable, c’est du concret, que cela n’est pas une vue de l’esprit et que des expériences concluantes ont lieu sur le territoire.

Le Cabaret Vert est connu pour son implication sur les questions de développement durable. C’est son positionnement depuis sa création. Comment un festival, réputé consommateur d'énergie, peut-il s’impliquer efficacement dans une telle démarche ?

Au Cabaret Vert, nous essayons, déjà, de limiter au maximum notre consommation d’énergie. Ce n’est pas simple, car dans l’organisation d’un festival, il y a des enjeux techniques, mais aussi artistiques, certaines productions importantes demandant beaucoup d’éclairage, de la vidéo… Nous sommes confrontés à une forme de paradoxe. Mais cette réduction de la consommation d’énergie demande du travail en amont avec les équipes, les prestataires, les techniciens… Nous essayons de voir, sur chaque sujet qui pose question, quelles peuvent être les solutions alternatives, ou réfléchissons si tel ou tel éclairage est forcément indispensable. Ce travail en amont est nécessaire et efficace.

Nous travaillons avec une start-up locale pour mettre en œuvre des process d’alimentation solaire sur les différentes zones du site »

Ensuite, nous essayons de travailler sur des formes d’énergies renouvelables en termes d’alimentation. Depuis 2016, nous travaillons avec une start-up locale, Ecosolar, pour mettre en œuvre des process d’alimentation solaire sur les différentes zones du site. Nous en sommes encore à un stade embryonnaire, nous avons commencé en 2016 avec des prototypes de kiosques d’alimentation de téléphones portables à base d’énergie solaire. L’expérience était positive et nous songeons à l’étendre.

D’autre part, l’organisation d’un festival nécessite l’installation d’énormément d’algecos, lesquels ont besoin de petites sources d’énergies pour des ordinateurs ou des recharges mobiles. Nous réfléchissons à la pose de panneaux solaires sur les toits de ce type de structures, qui nous ferait par ailleurs économiser du temps de montage, et nous éviterait d’avoir à tirer du câble pour ces algecos.

Quel est l’impact de ces solutions mises en place ?

Nous parvenons à stabiliser notre consommation d’énergie. Nous ne la réduisons pas, mais rien que de parvenir à la stabiliser est déjà encourageant car le festival ne fait que s’agrandir, d’année en année. Nous avons cependant encore une marge de progression. Je pense notamment aux transports. Nous travaillons depuis l’an dernier avec un partenaire local qui nous fournit une flotte entière de véhicules électriques, pour notre équipe pendant le festival mais aussi pour le transport des artistes et de leurs équipes. Nous essayons aussi de rationaliser au maximum les transports en interne, en évitant par exemple de nous déplacer avec un camion à moitié vide. Enfin, en essayant de minimiser les coûts de transport et en privilégiant les circuits courts dans notre politique d’achat, nous réduisons là aussi les déplacements de véhicules.

Qu’en est-il de votre démarche sur la restauration à destination des festivaliers ?

Le Cabaret Vert a été créé à l’origine pour être un élément de dynamisme économique local. Nous avons la chance, dans les Ardennes, d’avoir un patrimoine gastronomique important, comme la bière, bien évidemment. Nous nous appuyons sur ce patrimoine pour développer l’économie locale, réduire le coût de transports des biens, mais aussi, et peut-être est-ce le plus important, proposer une restauration de qualité aux festivaliers.

Nous n’avons pas de partenariat avec de grandes marques de bières, nous nous y refusons »

C’est un gage de qualité que de pouvoir proposer à 25 000 personnes par jour des produits locaux frais, bien cuisinés, même si l’on reste dans une logique de street-food adaptée à un public de festival. Avec la trentaine de stands présents sur le site, nous travaillons sur une charte de la restauration durable, qui incite chaque stand à se fournir auprès de producteurs locaux. Nous leur communiquons des listes de producteurs et travaillons étroitement avec la chambre d’agriculture. Aujourd’hui, 80 % des produits servis sur le festival sont locaux. D’année en année, les stands se prennent au jeu, notre démarche leur donne des idées. Et, au final, tout le monde est gagnant.

Sur les buvettes, nous disposons d’une charte également assez stricte. L’approvisionnement se fait auprès de producteurs dans un rayon maximum de 100 km. Cette année, nous lançons d’ailleurs une buvette qui proposera une carte de quatre bières différentes tous les jours, bières issues d’une micro brasserie du grand est.

Nous n’avons pas de partenariat avec de grandes marques de bières, nous nous y refusons. Le fait d’avoir dans notre région autant de producteurs permet de pouvoir compter sur un volume important, à même de pouvoir approvisionner le festival sans rupture pendant toute la durée de l’événement. Certes, une grande brasserie permet d’avoir un contact unique, qui prend seul en charge l’approvisionnement pendant toute la durée d’un festival. C’est plus confortable pour un organisateur. Nous, nous avons comme interlocuteurs une trentaine de producteurs. C’est plus complexe à gérer, et surtout plus chronophage. Mais nous y gagnons en qualité. Notre démarche est la même sur les boissons non alcoolisées. Nous cherchons toujours les solutions alternatives à Coca-Cola.

Cette démarche de circuit court a-t-elle un impact sur le prix des plats et consommations proposés au public ?

Nous essayons de rester dans une politique tarifaire également volontariste. Le prix moyen d’un plat au Cabaret Vert coûte entre 5 et 6 euros, un prix qui reste raisonnable. Mais il est compliqué de parvenir à cet équilibre pour obtenir un bon rapport qualité prix. Sachant que nous demandons aux personnes tenant les stands de respecter impérativement le droit social. Pour une bière, là aussi, le festivalier n’est pas assommé par le prix, lequel oscille entre 2,5 et 3,5 €.

Jean Perrissin


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Parcours

Cabaret vert
Responsable du développement durable
SMAC L’Orange Bleue (Vitry-le-François)
Directeur
Binary Gears
Régisseur général et programmateur
Salle de spectacle L’usine + Festival Octobre Rock (Reims)
Régisseur général et programmateur

Fiche n° 24873, créée le 24/08/2017 à 11:24 - MàJ le 24/08/2017 à 13:42

Cabaret vert

Festival de musiques actuelles organisé à Charleville-Mézières (Ardennes)

• Créé par l’association Flap en Baie en 2005

• Édition 2021 (du 19 au 22/08) : annulée - remplacée par Face B, un événement alternatif du 19/08 au 26/09/2021

• Édition 2020 (du 20 au 23/08) : annulée
• 15e édition du 22 au 25/08/2019 : 102 000 entrées
• 14e édition du 23 au 26/08/2018 :
94 000 entrées

• 13e édition du 24 au 27/08/2017 : 98 000 entrées

• 12e édition du 25 au 28/08/2016 : 94 000 entrées

• 11e édition du 20 au 23/08/2015 : 85 500 entrées

• 10e édition du 21 au 24/08/2014 : 94 000 entrées

• 9e édition du 22 au 25/08/2013 : 75 000 entrées

• Directeur et fondateur : Julien Sauvage

• Communication : Delphine Diard

• Tél. : 06 09 43 09 81


Catégorie : Festival / Salon


Adresse du siège

10 avenue Louis Tirman
08000 Charleville-Mézières France


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Fiche n° 794, créée le 20/12/2013 à 11:04 - MàJ le 31/08/2021 à 17:24